Pierre Lahoud
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Ce territoire est riche de paysages exceptionnels et de maisons traditionnelles. Née de la rencontre du bouclier laurentien et de la formation appalachienne, son relief est doux et passablement varié.
Point de départ de 300 familles-souches qui ont essaimé partout en Amérique, elle a connu beaucoup d’appellations. Les Autochtones venaient y pêcher et la surnommaient Minigo. Jacques Cartier, impressionné par la vigne sauvage qui y pousse, la nomme île de Bacchus. Elle deviendra par la suite île Sainte-Marie, île Saint-Laurent et enfin île d’Orléans, en l’honneur du duc D’Orléans, fils du roi François 1er.
On la surnommera aussi le paradis de la province, le paradis des fruits, la terre de beauté, le foyer des traditions, l’inspiratrice des artistes ou le foyer de la civilisation française en Amérique.
Curieusement, le premier nom donné par Cartier semblait quasiment prémonitoire.
À l’heure des changements climatiques et des nouvelles technologies, l’île devient de plus en plus un lieu où l’on cultive la vigne pour en produire du vin.
C’est maintenant plus de 10 vignobles que l’on retrouve sur l’île, qui produisent des centaines de milliers de bouteilles et certains vins qui ont reçu plusieurs reconnaissances internationales.
L’Histoire a de ces curieux hoquets, en ce sens que c’est aussi sur l’île, à travers un inventaire après décès, que l’on retrouve la première mention d’un tire-bouchon en Nouvelle-France.
À la suite du meurtre du Suisse Jean Terme qui était venu s’établir à Saint-François avec d’autres compatriotes pour créer le Canton des Suisses Fribourgeois, le notaire Claude Aubert note, dans son acte du 27 juillet 1665, la présence d’un petit tire-bouchon, ce qui en fait la première mention d’un tel objet dans l’histoire de la Nouvelle-France.
La colonisation par les Suisses ne réussira pas, mais ils laisseront après leur départ quelques traces tangibles de leur façon de vivre.

