Liberté 55 pour la maître de poste de Saint-Pierre

Après 36 ans de loyaux services, la maître de poste Lyne Boulanger a connu une journée émotive le 29 octobre dernier alors qu’elle s’est rendue au bureau de poste de Saint-Pierre pour la dernière fois.

Mme Boulanger profite donc du concept de « liberté 55 » puisqu’elle a décidé de prendre une retraite bien méritée à l’âge de 55 ans.

« Je vais prendre un mois de répit, puisque je veux découvrir autre chose. J’ai l’intention de continuer à travailler car je suis trop jeune pour m’arrêter. Cette fois, ce sera un emploi sans responsabilités. Je veux continuer à me sentir utile et à aider », a confié celle qui entend s’adonner à la marche et au tricot.

Par la suite, au retour des beaux jours et avec la vie qui reprend tranquillement son cours normal, elle embarquera dans sa roulotte avec Roch Paradis, son conjoint aussi retraité, pour aller camper dans l’Ouest canadien.

Nouvelle équipe

Mme Boulanger n’est pas la seule employée à quitter le bureau de poste de Saint-Pierre puisque deux facteurs ont pris leur retraite au cours des dernières années.

Sur une base intérimaire, la relève sera assurée par Nathalie Rioux jusqu’à ce qu’un.e autre maître de poste soit désigné.e, au début de 2022.

Affaire de famille

La profession de maître de poste coule dans les veines de sa famille depuis plusieurs générations. Lyne Boulanger a succédé à sa belle-mère, Jeanne d’Arc Paradis, qui agissait comme maître de poste à l’entrée de la résidence de Louis-Nazaire Paradis, dans le village de Sainte-Famille, de 1952 à 1985. La belle-mère de Jeanne d’Arc Paradis, Alvine Létourneau, les a précédées, de 1936 à 1952.

« L’endroit, qui servait autrefois de bureau de poste, est devenu notre salon, aujourd’hui. Il y avait à cette époque six bureaux de poste à l’île d’Orléans. On en retrouve deux de nos jours », a commenté Mme Boulanger.

Après la fermeture du bureau de Sainte-Famille, en 1989, elle a accepté de travailler trois ans et demi à Lac-Beauport pour parfaire ses compétences dans le travail en équipe. Lyne Boulanger est retournée à l’île en 1992 pour remplacer Mme Pichette au bureau de Saint-Pierre.

Au fil des ans, la native de Charlesbourg a œuvré en compagnie de plusieurs collègues, dont Manon Simard, Nancy Grenier et Francine Paquet, toutes de Sainte-Famille, ainsi que Nicole Bédard, de Saint-Pierre.

Évolution des équipements

La méthode de travail a bien sûr connu de nombreux changements avec les années.

« Au début, tout se faisait manuellement. Nous avons reçu une caisse Casio, en 1992, puis l’informatique est arrivé, en 2002 », a précisé celle dont le métier ne consiste pas seulement à vendre des timbres.

Mme Boulanger devait notamment trier le courrier, le matin, pour les deux facteurs routiers. Elle s’est rendu compte durant la pandémie que la poste constitue un service essentiel pour l’envoi et la réception de colis.

« On a rapproché les familles éloignées qui désiraient envoyer des cadeaux à leur parenté », a-t-elle souligné.

La mémoire a flanché

Parmi les événements marquants de ses 36 ans de métier, Lyne Boulanger retient d’emblée le changement de numérotation civique à l’île d’Orléans. 

« C’était devenu mêlant car certaines adresses se retrouvaient à deux endroits différents. C’était une période difficile. Ma mémoire en a pris pour son rhume. La situation est presque réglée maintenant », a mentionné Mme Boulanger.

Soutien aux services régionaux

Le téléphone sonnait souvent au bureau de poste de Saint-Pierre. Une des raisons qui expliquait cette situation est que Lyne Boulanger agissait comme soutien aux services régionaux (SSR). Elle venait en aide aux maîtres de poste de 35 bureaux, de Baie-Sainte-Catherine à Stoneham. C’est ce qui a justifié l’embauche de Nathalie Rioux comme adjointe de Mme Boulanger.

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