J’ai de la compassion actuellement pour les hommes, toutes générations confondues. Comment peuvent-ils être bien dans leur peau quand la société remet souvent en question leur façon d’être et de faire ? Et les actes de violence commis la plupart du temps par des hommes sur des femmes, des enfants, des foules… contribuent à nuire à l’image des hommes en général, à ceux qui aiment les femmes et les respectent. Au fait, le sexe qu’on disait « fort », autrefois, est-il si fort qu’on le croit ?
Loin de moi l’idée de banaliser les viols, les agressions, le harcèlement, l’inconduite de certains hommes envers des femmes. C’est tolérance zéro ! Mais je me questionne sur les rapports trop souvent compliqués entre hommes et femmes. Je m’explique.
L’environnement change et bien des hommes ont du mal à s’adapter. Ils ont vécu pendant trop longtemps dans un univers bienveillant où tout, ou presque, était permis juste pour la simple raison qu’ils étaient des hommes. Jamais ils n’auraient pensé qu’un jour leur monde ne serait plus le même, que leurs comportements auprès des femmes, perpétués depuis des lustres, susciteraient tant de controverse.
Car, il n’y a pas si longtemps, la galanterie était l’une des valeurs privilégiées par l’homme pour faire plaisir aux femmes. Naturellement, il lui tenait une porte, l’aidait à soulever un colis trop lourd, etc. Il lui était aussi relativement facile de l’aborder directement dans la rue et un peu partout dans les lieux publics juste pour lui parler de tout et de rien ou la complimenter, sur ses yeux, son sourire… sans être jugé. La femme était généralement charmée par ces attentions. Mais peut-il encore le faire de nos jours ? Les hommes semblent avoir perdu ce réflexe. On les sent plus distants, discrets, voire sur le qui-vive. Craignent-ils d’être vus comme des agresseurs ?
J’ai l’impression qu’il y a des hommes qui ne savent plus vraiment sur quel pied danser avec les femmes dans leurs rapports personnels, tant sur le plan amical, amoureux ou professionnel. Ils marchent sur des œufs, entre ce qui peut être dit ou fait ou non. Autre temps, autres mœurs, me direz-vous.
Or, y a-t-il un lien à faire avec la détresse psychologique grandissante des hommes ? De 8 % qu’il était en 2018, le taux de cette détresse a atteint presque le double en 2021, soit 14 %, selon un sondage réalisé en janvier 2021 par SOM auprès de 2 700 hommes, au Québec. La situation frappe plus fort encore les hommes de 18 à 34 ans ; la pandémie a renforcé le problème. Les chiffres sont inquiétants !
Somme toute, il y a quand même de l’espoir. La bonne nouvelle est que des hommes se reconstruisent sur de nouvelles bases, actuellement. Ils fournissent des efforts pour changer et s’en sortir. Alors, donnons une chance à ceux qui ont suivi le rythme du changement et à ceux qui veulent avancer !

