Terres agricoles: quand c’est privé, c’est privé

« Est-ce que vous voudriez que j’aille sur votre terrain avec mon tracteur ? Alors, pourquoi venez-vous sur mon terrain avec votre quatre roues ou votre côte à côte ou votre vélo de montagne ? Une terre agricole est privée, comme le terrain de votre maison. »

Selon un producteur agricole de l’île d’Orléans, qui souhaite conserver l’anonymat de peur de représailles que pourraient lui faire subir les passants sur sa propriété, la situation est devenue pire que pire.

« Les insulaires et les touristes pensent que le centre de l’île et les terres agricoles sont publics, ce qui n’est pas le cas. S’ils avaient au moins la politesse de nous demander la permission pour passer sur nos terres », a ajouté l’agriculteur qui précise que cette problématique a toujours existé à l’île, mais qu’elle s’est amplifiée depuis que les gens se cherchent des activités à faire durant la pandémie.

Les gens qui déambulent sur les terres privées le font surtout lorsque la neige a disparu. Les véhicules récréatifs qu’ils utilisent endommagent notamment les tuyaux d’irrigation, mais surtout portent atteinte à leur propriété privée.

« Selon la Loi sur la responsabilité civile, je suis responsable des gens qui se promènent chez moi. J’ai installé des pancartes, mais on ne peut pas en mettre sur la totalité de nos vastes terres et celles que j’ai placées ont eu un effet boomerang. Et si on a le malheur de les avertir, ils nous regardent avec de gros yeux ou même vandalisent nos biens », a poursuivi le producteur en question qui critique la mentalité des gens qui croient que les propriétés sont publiques.

La Ferme François Blouin, à Sainte-Famille, reçoit, elle aussi, chaque année, la visite d’intrus qui laissent leur trace.

« Les motoneiges brisent des clôtures à plantations végétales et des plants de fraises, notamment. Les quatre roues endommagent des tuyaux d’irrigation et, dans certaines érablières, coupent les tuyaux pour la récolte de l’eau d’érable. On met des pancartes pour avertir les gens des risques, mais elles sont volées ou arrachées », a commenté François Blouin, propriétaire de la ferme du même nom.

« C’est pire, cette année, avec les motoneiges de type « mountain tracks » qui ne suivent pas les sentiers, mais vont partout dans les champs », a souligné M. Blouin.

Démarches de l’UPA

À titre de président de l’UPA Île d’Orléans, M. Blouin mentionne que, chaque année, la problématique est étudiée. 

« Nous en avons parlé avec la directrice générale et le préfet de la MRC de L’Île-d’Orléans, Chantale Cormier et Harold Noël. Ils ont sensibilisé les policiers à cette situation, car les intrusions entraînent du vandalisme, ce qui constitue un acte criminel. Nous avons répertorié les endroits les plus à risque. Les policiers doivent être équipés de véhicules pour les suivre, mais ce n’est pas le cas », a affirmé François Blouin.

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