Comité du village de l’Avent
Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans est un des plus beaux villages du Québec. Son architecture constituée principalement de maisons de pilotes avec ses façades de brique provenant du ballast des navires, sa situation exceptionnelle entre terre et mer et son ensemble institutionnel ont tout pour en faire un site d’exception.
Depuis 2015, à l’initiative de quelques citoyens, ce village vit une transformation importante pendant le mois de décembre, le plus sombre de l’année. L’idée a été de l’éclairer de bien belle manière pour ainsi le rendre plus vivant.
En fait, il s’agit d’en faire un immense calendrier de l’Avent. Un tel projet a déjà existé en Suisse, mais sous une autre forme. Ici à Saint-Jean, le concept a été d’installer des lanternes pour qu’elles deviennent les marqueurs des jours précédant Noël. À chaque résidence, s’illumine une lanterne du 1er décembre jusqu’au 24. Et du 24 décembre au 6 janvier, elles sont toutes allumées. Mais pourquoi des lanternes ?
Depuis le 18e siècle, on surnomme les habitants de l’île d’Orléans les sorciers.
En fait, cette appellation proviendrait du fait que les habitants de l’île allaient cueillir les poissons des pêches à fascines qui parsemaient le territoire avec des lanternes le soir venu. Les gens de la rive sud, voyant ces lumières bougées sans arrêt, n’ont pas pris de temps à dire qu’il s’agissait de sorciers faisant la fête.
Pour réaliser ce calendrier lumineux, 24 belles grosses lanternes rouges ont été fabriquées et installées tout le long du village sur 24 maisons. Puis, une fois les 24 lanternes financées par la municipalité, l’idée d’éclairer l’église et le cimetière marin a pris forme. Ainsi la lumière se repend d’un bout à l’autre du village. En plus de ces grosses lanternes on retrouve un peu partout des lanternes miniatures fabriquées par les gens du village en atelier communautaire.
Il est courant maintenant de voir des gens marcher dans le village l’hiver, ils comptent les lanternes et à découvrent d’un autre œil l’architecture exceptionnelle de Saint-Jean. Voilà une belle façon d’apprivoiser ce temps de l’année.
C’est ainsi que village de Saint-Jean reste éclairer jusqu’aux Rois, le 6 janvier, les insulaires tout comme ceux du continent en profitent pour venir admirer ce projet lumineux et si rassembleur. Puis les lanternes sont entreposées sagement dans un lieu sûr et dès lors les journées rallongent et l’hiver se poursuit tranquillement sa vie blanche.
Une telle initiative citoyenne a permis d’apprivoiser une période où la lumière fait passablement défaut, de tisser des liens avec les gens et de créer une vie participative exemplaire au sein du village. Un exemple qui a sa façon pourrait se déployer ailleurs… Pourquoi pas!
Cette année surtout, la municipalité a décidé de réaliser ce calendrier parce qu’on a besoin de lumières en ces temps difficiles, il est important de sortir prendre l’air et de se faire du bien à l’âme.
Il sera cependant essentiel de garder en tout temps les mesures de sécurité prescrites par le gouvernement.

