Ferme Picard: des grandes ambitions pour les petits fruits

Durant plus de 200 ans, la Ferme Picard faisait son petit bonhomme de chemin avec la production de vaches d’élevage (jusqu’en 1995), de fraises et de pommes de terre. Depuis l’arrivée de la nouvelle propriétaire, Andrée Robitaille, en 2018, un vent de changement souffle sur cette propriété de 26,5 hectares à Saint-François-de-l’Île-d’Orléans.

Après avoir acquis la ferme de son père, Rénald Picard, la dynamique agricultrice entreprend un virage qui se caractérise par la multiplication de cultures de petits fruits.

Aujourd’hui, les champs du 914, route d’Argentenay, produisent des fruits et légumes de différentes grosseurs, notamment la fraise, le bleuet, la framboise, la prune, la pomme, la poire, le melon, la tomate, l’oignon, la betterave, le concombre, la courge, la courgette, la pomme de terre et la carotte.

Mais, ce qui distingue la Ferme Picard des autres fermes de l’île, c’est la production de deux petits fruits particuliers :  la camerise (un seul autre producteur, Noël Asselin) et le kiwi kolomiktka (rustique).

« J’ai décidé d’implanter la camerise en 2018. Aujourd’hui, on compte 5 000 plants de ce petit fruit qui ressemble à un bleuet, mais de forme ovale et allongée, et qui a une teneur élevée en antioxydants, en vitamines A et C et en fibres », a affirmé Mme Robitaille.
Quant au kiwi kolomikta, Andrée Robitaille en est à sa première année de production avec ses 200 plants.
« C’est difficile, mais nous obtenons des résultats. Les grands vents ne rendent pas la chose facile. Ce type de kiwi se mange comme un bleuet et l’intérieur est semblable à un kiwi ordinaire, mais avec un goût plus sucré », a précisé l’agricultrice qui peut compter sur une douzaine d’employés, dont son père, son conjoint, sa belle-mère et ses deux fils.
Moins de pommes de terre
Le choix de se diriger vers de multiples cultures a amené Mme Robitaille à revoir la pertinence de maintenir certaines productions.
« Je songe à ralentir la production de la pomme de terre. Ce légume requiert une imposante machinerie agricole et de vastes superficies, ce que je ne possède pas », a-t-elle souligné.
Plusieurs cultures lui rendent la tâche plus difficile, chacune demandant des soins particuliers qu’elle tente d’appliquer le mieux possible à ses productions.
Implication rapide
Si Andrée Robitaille possède aujourd’hui une ferme en pleine émergence, elle le doit à ses débuts rapides dans le domaine.
« Dès que ma mère s’est mariée, en 1992, j’ai apporté mon aide pour les fraises. En 2000, mon père m’a cédé des parcelles de terre pour les pommes, les poires et les bleuets. Je travaille fort et j’ai dû surmonter des épreuves comme des refus de demande d’aide financière agricole ou de demande à la CPTAQ de construction d’une résidence sur ma ferme puisque je demeure à Sainte-Famille. Je n’abandonne pas mes démarches », a soutenu Mme Robitaille.
Manque de crédibilité
Le fait qu’elle soit une femme ne constitue pas un désavantage comme propriétaire de ferme.
« Seulement, lorsque je vais me procurer des pièces de machinerie, parfois, des hommes trouvent que je manque de crédibilité ; mais à part ça, pas de différence », a-t-elle noté.
Elle se réjouit que de plus en plus de femmes possèdent des fermes à l’île, comme mesdames Prémont, Blouin ou Lemelin.

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