Même s’ils ont encore le cœur attaché à leur entreprise et à leurs clients, Jean et Danielle Dallaire mettent fin à la belle histoire de 41 ans en fermant le Garage Dallaire, le 18 juin.
Les Dallaire ont pris cette décision souhaitant prendre une retraite bien méritée et en raison de l’absence de relève.
« Je trouve très dommage de ne pas pouvoir l’annoncer moi-même à nos clients en raison de la pandémie qui m’empêche d’être à mon poste au garage, comme depuis 20 ans. Habituellement, je donnais du café aux clients lors des changements de pneus. Nous avons collé une feuille sur la porte et nos clients sont surpris d’apprendre cette nouvelle, car, malgré ses 64 ans, Jean a la physionomie d’un homme beaucoup plus jeune », a confié Mme Dallaire.
La sympathique dame a soutenu que la décision n’a rien à voir avec la rentabilité du commerce situé au 637, route d’Argentenay, à Saint-François-de-l’Île-d’Orléans.
« Au contraire, le garage connaissait une belle croissance avec 79 nouveaux clients en 2018 et 56 en 2019. Mon Jean désire se reposer. La mécanique est un métier exigeant, physiquement », a ajouté Danielle Dallaire en précisant que son époux peut tout faire dans un garage.
Lorsqu’elle entrevoit la fin de l’entreprise familiale, Mme Dallaire se remémore de beaux moments passés au garage.
« À une certaine époque, durant les Fêtes, je me déguisais en père Noël et je donnais des beignes, des biscuits, du sucre à la crème et du café à nos clients. Un de nos employés jouait même de la guitare. C’étaient les belles années », raconte Mme Dallaire avec émotion.
Elle se rappelle une anecdote où un Américain est tombé en panne à la tour d’observation de Saint-François-de-l’Île-d’Orléans. « Jean a réparé sa voiture et par la suite l’Américain nous a envoyé une lettre écrite en anglais pour nous remercier », a mentionné Mme Dallaire.
Débuts difficiles
Si, aujourd’hui, le Garage Dallaire possède une réputation enviable à l’île d’Orléans, ça n’a été nécessairement le cas au début.
« En 1978, le père de Jean, Léonce, et ses fils André et Richard, son beau-fils Claude Labrie et mon mari ont construit le garage eux-mêmes. Ma belle-mère, Jeannine Picard, effectuait la comptabilité. J’ai pris la relève par la suite, Ce n’était pas évident de se faire connaître au bout de l’île d’Orléans. Mais, avec le bouche-à-oreille, l’entreprise a obtenu ses lettres de noblesse. Il n’y avait pas de Facebook comme aujourd’hui. Jean faisait même du remorquage jour et nuit, au début. À une certaine époque, Jean effectuait la mécanique générale, mais aussi la peinture, le débosselage et la soudure », a mentionné Mme Dallaire.
Jean et Danielle Dallaire, qui demeurent tout près du garage, ont acquis le commerce de Léonce il y a 20 ans. Le père de Jean a continué à donner un coup de main jusqu’à la fin, peu avant son décès, il y a six ans.
Le couple a pu compter sur les services d’un employé fidèle, soit, Daniel Lemelin, qui a travaillé au garage durant 22 ans. Employé depuis cinq ans, Gabriel Lebreux, demeure en place jusqu’à la fermeture, le 18 juin. Heureusement pour lui, il s’est déniché un autre emploi.
Déjà, le couple planifie de profiter de sa retraite en s’adonnant au camping. M. Dallaire va continuer de faire de l’équitation.

