Je reviens d’un séjour ensoleillé en Martinique, une île à découvrir pour le bleu de la mer des Caraïbes et son décor de carte postale. Un vrai petit paradis ! J’avais oublié qu’on pouvait ralentir et avoir le bonheur plus facile quand on vit au rythme de la nature. Il était temps, me direz-vous !
D’abord, rappelons que la Martinique est devenue une possession de la France en 1635 et un département français en 1946. L’île compte quelque 360 000 habitants, dont une bonne proportion de descendants d’esclaves amenés dans l’île par les coloniaux pour travailler à l’exploitation de la canne à sucre, du coton et du tabac. Là, on chérit le français. On le parle et on écoute de la musique en français un peu partout, sur la rue, dans les taxis, les restos, les hôtels… alors que la langue de Shakespeare domine le monde. Le contraste est frappant !
Et le plus fascinant sur cette île qu’on surnomme l’île au vent, c’est le rythme de vie des Martiniquaises et Martiniquais. Plus décontractés malgré les contraintes de la vie chère, ils apprécient leur climat, souvent autour de 30 C. On en voit plusieurs qui marchent sans effort d’un pas alerte, très longtemps, près des routes pour rejoindre leur village malgré une chaleur accablante. Et peu importe où ils vont, les gens soignent leur image. Ils sont fiers à toute heure du jour. Cela m’a rappelé les sorties du dimanche d’autrefois.
Des gens bavards au regard charmeur vendent des fruits, des légumes et des épices variés sur le bord du chemin avec le sourire accroché au visage en espérant les vendre vite pour améliorer un peu leur sort. Des touristes, la population locale, des restaurateurs se pointent tôt le matin dans des petits ports de pêche des villages tels Vauclin ou François pour acheter du poisson frais et des langoustes. Les pêcheurs s’activent à les préparer pour eux en riant, en se taquinant et en chantant, en français. Le respect des autres fait partie de leur mode de vie. On dit bonjour à tout le monde ! À certains endroits, dans des marchés publics aux odeurs de cannelle, des panneaux indiquent de suivre cette règle de gentillesse pour bien commencer sa journée.
Mais le coût de la vie est cher, trop cher là-bas. C’est pourquoi des manifestations ont eu lieu l’automne dernier à Fort-de-France pour dénoncer, avec raison, cette situation. Il y en a eu d’autres, plus calmes, lors de mon séjour, notamment. Or, malgré tout, les gens ne se laissent pas abattre. Le climat et la nature généreuse viennent probablement donner un coup de pouce pour passer au travers. Pas étonnant d’ailleurs que cette île soit inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO pour la conservation de l’intégralité de son territoire terrestre et marin.
Et, savez-vous quoi ? J’ai tout de même vu un air de ressemblance avec l’île d’Orléans. Comme à la Martinique, sitôt qu’on pose le pied au sol, peu importe les saisons, la vie change de décor et tourne au ralenti comme pour nous dire que cela ne sert à rien de courir !
Vignette : Paysage paradisiaque de la Martinique. ©Claude Poulin




