« On respecte la décision des élus » – Jean Côté

Pour le maire de Sainte-Pétronille, Jean Côté, la décision de la conseillère municipale Line Bisson de démissionner de son poste constitue une décision qui lui appartient.

« On respecte les décisions des élus. Je la remercie de s’être impliquée. Au-delà des différences d’opinions, le fait de s’engager est déjà un acte », a commenté M. Côté en entrevue à Autour de l’île.

Il a ajouté que le geste de Mme Bisson ne représente pas nécessairement une surprise.

« Je pense que c’était quelque chose qui était attendu, quasiment. Sans dire qu’on l’attendait. Plusieurs personnes ne se demandaient pas si elle allait démissionner mais plutôt quand elle allait le faire. Peut-être qu’elles basaient ça sur le passé. Est-ce que c’était fondé ou non, l’histoire nous a prouvé que oui. C’est un peu la même chose qui se répète. L’idée, ce n’est pas de faire son procès », a affirmé le maire.

M. Côté ne fait pas de lien avec les trois conseillers (Claude Archambault, Lyne Gosselin et Alain Laroche) qui ont démissionné au printemps 2024.

« Je ne voudrais pas que l’on fasse un amalgame de ces deux situations-là qui sont assez différentes. Je pense la même chose que lorsque les trois conseillers ont démissionné, ce printemps. À l’époque, on comptait 800 élus municipaux qui ont quitté leur poste. Selon un reportage de Radio-Canada, on serait rendu à près de 1 100 élus depuis la dernière élection municipale de 2021 », a soutenu Jean Côté.

Concernant l’affirmation de Mme Bisson sur le contexte d’énergie négative au sein du conseil, M. Côté répond que ça peut se définir sous toutes sortes de formes.

« Encore là, on parle peut-être de perception. Il faut être ouvert à accepter, parfois, que nos idées ne soient pas reçues. C’est normal. Tu ne peux pas avoir raison sur tout. J’en sais quelque chose. Lorsque je suis arrivé comme conseiller municipal, je n’étais pas toujours d’accord avec des projets en cours. On en discute dans le respect. C’est arrivé à quelques reprises que mes idées ne passaient pas. Notre code de déontologie dit qu’on doit se rallier à la majorité, faire de son mieux en toute humilité. Faut se demander si je suis là pour mes idées ou celles du conseil municipal », a-t-il souligné.

« Ce n’est pas facile d’être un élu. Ce que j’ai su, beaucoup de démissions se font à cause de situations comme celle qu’on vit ici avec certains citoyens. D’une part, il y a de l’intimidation. Ça ne se limite pas à Sainte-Pétronille. C’est généralisé à la province. Beaucoup d’élus démissionnent parce qu’ils se disent ‘je n’ai pas besoin de ça dans ma vie’. Et dans de petites places comme Sainte-Pétronille, personne ne fait cela pour le salaire. Moi, je voulais redonner à la collectivité à l’approche de la retraite. Une grande partie des élus démissionnent en raison de l’intimidation, des relations difficiles avec des citoyens bruyants et intimidants. D’autres démissionnent parce que les projets n’avancent pas assez vite en raison de la lourdeur administrative des ministères. C’est dur aussi pour les conjoints. C’est exigeant en raison des horaires chamboulés », a confié celui qui a amorcé sa carrière d’élu en 2017.

Concernant le fait que Mme Bisson déplorait qu’elle ne puisse pas obtenir des documents de travail qu’elle demandait, M. Côté a spécifié qu’il y a des règles à suivre.

« Un élu ne peut pas arriver à la mairie et demander des documents. La loi est claire. Les documents doivent parvenir aux élus 72 heures avant la prise de décision. Chez nous, les conseillers reçoivent les documents nécessaires à des prises de décision lors de réunions préparatoires le mardi précédant la séance du conseil du lundi suivant. Cette façon de procéder convient à la plupart des conseillers », a-t-il précisé.

À la suggestion du rapport du conseiller spécial du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, Mario Caron, le conseil tient des préséances 30 minutes avant la séance officielle afin de réviser des points avant la séance publique.

Pour le poste laissé vacant par Mme Bisson, le conseil va étudier la situation sur la pertinence ou non de tenir une élection partielle puisqu’il reste 10 mois avant les élections municipales du 2 novembre.

« Nous allons regarder si, à six élus, de bonne foi, on peut faire quelque chose. Je pense que oui. La décision sera prise par les six élus. Tout le monde est conscient de l’enjeu financier que représente une élection partielle soit environ 15 000 $.

J’espère que beaucoup de personnes vont présenter leur candidature cette année et que la situation actuelle ne nuira pas à la candidature de bons candidats. Le MAMH devrait aider à valoriser le travail des élus, à les rassurer de l’aide qui existe et à informer la population du rôle de chacun. On connaîtrait ainsi moins de situations conflictuelles. Si les gens étaient conscients de la tâche, ils comprendraient mieux la fonction d’un élu », a-t-il argué.

Concernant les prochaines élections, M. Côté s’engage à terminer le mandat pour lequel il a été élu avec une forte majorité en 2021. Je vais aller jusqu’au bout pour l’ensemble de la population. J’espère qu’on va passer à autre chose.

Vignette : Jean Côté. Photo : Archives, Autour de l’île

Read Previous

Le Centre culturel Robert-Martel personnalité de l’année 2024

Read Next

Line Bisson quitte le conseil municipal de Sainte-Pétronille

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Autour de l'île

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture