Chronique Curiosité de l’île d’Orléans : La légende de la pointe aux taureaux

Au sud de la pointe de Sainte-Pétronille, il existe un courant très fort que les marins appellent la pointe aux taureaux.

Certains disent même que c’est l’eau de la chute Montmorency qui a traversé le versant nord pour venir tourbillonner à sa sortie et créer ces remous si dangereux. En fait, le remous de Sainte-Pétronille craint par les gens de la mer est un contre-courant qui se situe le long des rives. Le bateau qui s’y laisse entraîner peut sombrer rapidement.

Une nuit, un capitaine de goélette qui faisait le transport de marchandises entre les îles et Québec revenait à son port d’attache à Saint-Jean. Une fois rendue à la pointe ouest de l’île, la goélette du capitaine Joseph-Bellarmin Noël – fatigué et distrait – est prise dans un grand remous et se met à tournoyer comme une toupie.

Le danger de sombrer est énorme. Le capitaine Noël, complètement dépassé par les événements, se met à implorer la Vierge des marins et, après un long moment, comme l’aide se faisait attendre et qu’il désespérait, surgissent du fond du fleuve trois immenses taureaux avec des cornes en or de plus de trois pieds de longueur.

Le capitaine lance aussitôt ses amarres qui s’accrochent aux cornes géantes et les taureaux nageant avec force tirent la goélette jusqu’au quai de Saint-Jean.

Depuis ce temps, on appelle ce lieu de remous dangereux la pointe aux taureaux et les marins continuent de la contourner pour ne pas tenter le destin.

Le capitaine Noël, quant à lui, s’est remis de sa frayeur et a continué à naviguer sur les eaux du fleuve en évitant ce passage si dangereux, bien entendu.

Vignettes : La pointe aux taureaux est située à l’extrémité de Sainte-Pétronille. ©Pierre Lahoud

Illustration de Jean-Claude Dupont de la légende de la Pointe-aux-taureaux. ©Jean-Claude Dupont

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