J’aime le vent. Curieux comme réflexion, penserez-vous, mais c’est ce que je ressens quand je mets le nez dehors. Et ça, c’est mon cœur d’Orléanaise qui le dit, car je porte l’héritage des miens, de mon père et de tous les autres avant lui qui connaissaient si bien ses humeurs souvent changeantes et capricieuses. Comme eux, j’ai besoin de ma dose d’air quotidienne. Que le vent vienne du nord, du sud, de l’est ou de l’ouest, j’apprécie son souffle en toute saison !
Le vent me donne une sensation de liberté et des ailes dans la vie… sans faire de jeu de mots. Or, il en donne encore plus aux oiseaux migrateurs. Les oies en tirent profit durant leur long voyage aller-retour, nord-sud, en fonction des saisons. Les rapaces aussi l’utilisent pour planer sans effort. Les oiseaux en ont besoin, pas trop, juste assez, pour fonctionner. À l’image d’eux et des insectes, le vent a aussi son mot à dire pour polliniser les plantes, les fleurs et autres organismes vivants. Les graines des plantes et des arbres, comme les samares de l’érable, sont portées par lui au loin. Les agriculteurs de l’île d’Orléans pourraient parler longtemps de ce messager du ciel.
Sa brise nous donne de la fraîcheur en été. Son souffle plus fort aère nos maisons, enlève les mauvaises odeurs ou, au contraire, transporte les parfums de la nature, la lavande, le lilas, la rose…
Les sportifs profitent de ses atouts, ceux qui font de la planche à voile ou naviguent sur un voilier sur le fleuve. Le vent réjouit aussi le cœur des petits lorsqu’ils voient voler au loin des cerfs-volants dans le ciel lors d’une belle journée d’été.
Scientifiquement, on l’étudie presque depuis la nuit des temps. Son premier instrument de mesure, la girouette, a été inventé par les Grecs dans l’Antiquité. Avant l’arrivée des bateaux à moteur, le vent guidait les capitaines des goélettes pour se rendre à bon port. L’expression Contre vents et marées vient de là, d’ailleurs.
Et les recherches se poursuivent toujours sur cet élément insaisissable de la nature. Pensons à l’énergie éolienne, l’urbanisation raisonnée des villes, la transmission aérienne des virus, l’impact sur l’agriculture et la vie en général, l’analyse du bruit sur les autoroutes et le transport aérien.
En revanche, le vent agit parfois rapidement en devenant violent et menaçant. Il provoque des tempêtes et des ouragans et peut détruire, en un rien de temps, l’environnement en déracinant des arbres et en détruisant des maisons. Le vent attaque aussi les berges créant des érosions au bord du Saint-Laurent. Il métamorphose alors le paysage terrestre. La nature en prend un sale coup de même que les humains qui ont du mal à s’en relever même s’ils tentent en vain de le contrôler pour éviter des catastrophes. Les météorologues en savent quelque chose !
Mais ça, c’est le côté sombre de mon éloge du vent. Or, pour ma santé mentale, je préfère garder à l’esprit que c’est bon de le sentir même si c’est lui qui est le plus fort ! Bon vent !
Sources : Techno-science.net ; https://jardinierparesseux.com/2021/02/16/comment–les–graines–se–dispersent/

