Madame, Monsieur,
Je vous écris aujourd’hui avec un profond sentiment de regret et de responsabilité en tant que responsable de l’ancien chenil Expédition Mi-Loup Inc., maintenant fermé, et en tant que personne reconnue coupable dans le jugement concernant les allégations de cruauté envers les animaux et de négligence.
Tout d’abord, je tiens à exprimer mes excuses les plus sincères pour la souffrance et la négligence infligées aux animaux sous ma garde. Les erreurs commises sont graves, et je prends l’entière responsabilité des conditions inacceptables qui ont été imposées à nos chiens. Je comprends pleinement l’impact de ces actions et je suis profondément désolé pour tout le mal causé.
Depuis 2016, j’ai souffert de surmenage, de dépression et de troubles de santé mentale. Ces difficultés personnelles ont affecté ma capacité à gérer efficacement le chenil et à assurer le bien-être des animaux. Bien que cela n’excuse en rien les négligences commises, je tenais à partager ce contexte pour expliquer certaines des défaillances de ma gestion.
Je reconnais que ma gestion a été défaillante et que cela a entraîné des conséquences inacceptables pour les animaux dont j’étais responsable. Ce n’est pas seulement un échec professionnel, mais aussi un échec moral que je ressens intensément.
Malgré la fermeture du chenil, je souhaite exprimer mon désir ardent de voir une amélioration des conditions de vie des chiens dans l’ensemble de l’industrie du traîneau à chiens. Afin de garantir le bien-être des animaux et de promouvoir des pratiques éthiques, je sollicite humblement votre aide et votre soutien dans les domaines suivants :
Gestion des naissances et placement des chiens à la retraite :
La gestion des naissances et le placement des chiens à la retraite représentent des défis majeurs dans l’industrie du traîneau à chiens. Il est crucial de contrôler les naissances pour éviter la surpopulation et garantir que chaque chien reçoive les soins et l’attention qu’il mérite. Je propose de collaborer avec le MAPAQ pour élaborer et mettre en œuvre un programme de gestion des naissances, qui pourrait inclure des campagnes de stérilisation subventionnées et des initiatives de sensibilisation auprès des mushers.
De plus, le placement des chiens à la retraite est un enjeu tout aussi important. Les chiens de traîneau, après des années de service, méritent de passer leurs années de retraite dans des foyers aimants et appropriés. Je recommande la création d’un réseau de partenariats avec des refuges, des organisations de protection des animaux et des familles d’accueil pour faciliter la transition des chiens retraités vers une vie confortable. Un programme structuré pour le placement des chiens retraités, soutenu par des ressources et des conseils, pourrait servir de modèle pour l’industrie.
Soins vétérinaires réguliers et accès à des vaccins et vermifuges à prix raisonnable :
Pour garantir la santé et le bien-être des chiens dans l’industrie du traîneau à chiens, il est impératif de mettre en place un système de soins vétérinaires réguliers et accessibles financièrement. Cela pourrait se faire en collaboration avec des associations vétérinaires et le MAPAQ, afin de créer des cliniques mobiles offrant des services à des tarifs abordables, similaires à ceux proposés aux agriculteurs.
De plus, il est essentiel de faciliter l’accès à des vaccins et vermifuges à prix réduits. En établissant des partenariats avec des fabricants de produits vétérinaires et des fournisseurs locaux, nous pourrions obtenir des tarifs préférentiels pour ces produits essentiels. Une initiative pourrait inclure la création de programmes de subvention ou de groupes d’achat permettant aux mushers d’acheter en gros, réduisant ainsi les coûts.
En complément, des campagnes de sensibilisation et de formation pour les mushers sur l’importance des soins préventifs et réguliers pourraient être organisées. Des ateliers et des ressources éducatives sur les meilleures pratiques en matière de santé canine contribueraient à améliorer les connaissances et les compétences des mushers, garantissant ainsi une meilleure prise en charge de leurs chiens.
Je suis convaincu qu’en mettant en place ces mesures, nous pourrions non seulement améliorer la santé des chiens de traîneau, mais aussi renforcer la réputation de l’industrie en tant que secteur soucieux du bien-être animal.
En conclusion, je tiens à présenter une fois de plus mes excuses sincères pour les erreurs commises et la souffrance infligée. Les deux problèmes majeurs du chenil étaient une gestion inadéquate des naissances et du placement des chiens à la retraite, ainsi que des soins vétérinaires insuffisants. À ce moment-là, des initiatives comme celles décrites dans les points 1 et 2 auraient été essentielles pour prévenir les problèmes que j’ai rencontrés. Je souhaite vivement que l’industrie du traîneau à chiens prenne en compte et mette en œuvre mes deux recommandations afin de garantir un meilleur avenir pour tous les chiens de traîneau.
Antoine Simard
Saint-Jean

