Chronique du mois : Au péril de leur vie

Ils quittent leur pays par milliers chaque année pour améliorer leur sort. Ces déplacements se font souvent au risque de leur vie. Peu importe d’où les migrants viennent et où qu’ils aillent, la traversée est loin d’être une croisière sur la Méditerranée. L’excellent film Moi, capitaine montre le côté caché, celui qu’on ne voit pas au bulletin de nouvelles.

Sans raconter le film en détail, l’histoire se passe en Afrique, dans un bidonville de Dakar. Deux ados souhaitent aller en Europe pour réaliser leur rêve. Leur épopée n’est pas sans marquer notre imaginaire. Le réalisateur nous plonge dans la dure réalité des migrants.  

Prêts à tout, on peut imaginer des individus, jeunes ou moins jeunes, qui osent affronter l’aventure alors que les pires dangers les guettent. Confiants comme des enfants, ils ne savent pas à quoi s’attendre, mais ils partent quand même. C’est un gros pari où seul l’espoir de s’en sortir les guide comme une boussole. Durant leur traversée, des types, des passeurs, qui s’improvisent « guides touristiques », profitent de leur naïveté en leur donnant l’illusion qu’en payant ils vont faire un beau voyage. Or, l’inverse arrive. Ils sont pris en otage ou comme esclaves par de riches exploitants et vivent des séjours forcés dans des prisons exécrables. Malgré tout, ils continuent d’y croire lorsqu’ils croisent, sur leur route, de bons samaritains prêts à les aider. Mais avant de prendre le « bateau de l’espoir », synonyme pour eux de « liberté », le trajet est long… très long ! Plusieurs migrants meurent de faim ou sont maltraités. Bref, leur périple est parsemé d’embûches. Les surmonter relève presque de l’exploit, même du miracle.

Que de persévérance et de volonté cela leur demande pour éviter le pire dans leur pays : la guerre, la violence, la pauvreté, la faim… Bien sûr, ils ne vivent pas tous ces conditions extrêmes en traversant d’un continent à l’autre ! Heureusement !

Ici, on oublie ces tragédies aussitôt que le bulletin de nouvelles nous informe de leur arrivée et du nombre de migrants secourus. Et la vie continue en se fermant les yeux sur ces tragédies de l’humanité. On continue de se plaindre pour des riens. On s’impatiente devant une file trop longue dans un magasin ou sur l’autoroute, un changement d’humeur de la météo, un petit mal de tête, même un texto qui tarde à rentrer …

Peu importe d’où les migrants viennent, de l’Afrique, de l’Asie, du Mexique, d’Haïti, de l’Amérique latine… plonger comme ça dans l’inconnu pour améliorer leur sort est toute une épreuve. Une véritable course contre la montre ! Heureusement, plusieurs d’entre eux s’en sortent, mais le détour pour y arriver n’est pas sans nous rappeler à quel point la crise humanitaire frappe fort dans le monde actuellement !

Sources : Moi, capitaine, film de Matteo Gerrone, février 2024 ; https://www.ledevoir.com/culture/cinema/807346/cinema-moi-capitaine-ou-rever-peril-vie

Read Previous

Le temps des herbes folles, une exposition du Collectif ETC…

Read Next

Bibliothèque Vents et Marées

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Autour de l'île

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture