Rubrique du patrimoine bâti

Léah Fay Hayes

Responsable du site patrimonial de l’Île-d’Orléans

L’arrivée tardive des froids hivernaux cette année nous montre les maisons anciennes dans toute leur splendeur. Adaptées au fil des décennies pour répondre aux besoins des premiers habitants de l’île d’Orléans, l’évolution des styles architecturaux en fait ressortir plusieurs caractéristiques importantes. Celles-ci nous ont d’abord permis de mieux résister à la température, puis d’adapter notre mode de vie face à la période estivale plus courte ici qu’en Europe.

D’abord surélevées du sol puis affublées d’un débord de toit éloignant l’humidité et l’eau de leurs parois et galeries, les maisons rurales d’inspiration française ont fait place aux maisons québécoises d’inspiration néoclassique. La lumière, qui pénétrait déjà à l’étage par les lucarnes perçant les toitures, éclaire une superficie d’étage habitable de plus en plus grande et confortable au fil du temps – grâce au toit des maisons mansardées. Le cottage Regency nous permet finalement un lien avec l’extérieur plus longtemps, jusqu’à tard à l’automne et plus tôt au printemps, grâce aux galeries couvertes qui font tout le tour du volume habitable.

La pente du toit dans tous ces styles architecturaux est toujours assez abrupte pour permettre à la pluie de couler rapidement vers le sol et à la neige de ne pas s’y attarder. Cette configuration a des avantages clairs, mais peut comporter quelques inconvénients d’entretien qui se rapportent également à toute toiture en pente, qu’elle soit patrimoniale ou contemporaine, recouverte de tôle ou de bardeaux d’asphalte.

Pour contrer les glaçons

Si vous observez l’apparition de glaçons le long du débord de votre toit, à l’extrémité du soffite ou le long des gouttières, c’est que votre toiture souffre d’un barrage de glace. Celui-ci se forme lorsque la température de la surface de la toiture est supérieure au point de congélation ; la chaleur qui s’en dégage fait fondre la couche de neige directement en contact avec la toiture, causant un ruissellement d’eau qui finit par geler avant d’être évacuée vers le sol. Cette barrière de glace force l’eau à rester sur place plus longtemps, la faisant s’infiltrer entre les joints du matériau de recouvrement de la toiture. Cette situation peut généralement être évitée en isolant bien votre entretoit ; la chaleur de votre résidence ne doit pas atteindre la surface de la toiture, qui doit être suffisamment aérée pour disperser toute chaleur ou humidité.

Pour éviter les chutes de neige abruptes

La neige qui finit par s’accumuler sur une toiture ayant une forte pente peut, par temps plus doux, glisser très rapidement au sol. Le poids de la neige mouillée fait que cette chute peut être risquée pour tout ce qui serait sur son passage. Afin d’éviter de tels dangers, il est possible de faire installer des arrêts de neige là où les risques sont les plus grands : le long des gouttières, au-dessus des portes et fenêtres ou de tout autre bien que l’on voudrait protéger, etc. Les arrêts de neige peuvent être à barreaux, soutenus par des montants ou individuels, installés ponctuellement aux endroits désirés. Ces dispositifs éviteront la chute de neige lourde ou de glace le temps qu’elle fonde ou qu’elle soit déneigée manuellement.

Qu’elles aient été conçues par la famille qui l’habitait ou avec l’aide de quelques rares professionnels de l’époque, ces belles d’antan ont été pensées pour nous garder au chaud et au sec. Si on peut leur rendre la pareille, elles continueront d’embellir nos paysages, notre histoire et nos souvenirs pour encore de nombreuses décennies !

N’hésitez pas à nous contacter pour toute information supplémentaire : lfhayes@mrcio.qc.ca

Photo montrant un barrage de glace. Source trouvée sur le site de CAA : https://www.caaquebec.com/fr/a-la-maison/conseils/capsules-conseils/conseil/show/sujet/glace-en-bordure-dun-toit-tolerance-zero/ ] ©Société canadienne d’hypothèques et de logement

Exemple de brise-glace. ©MRC de L’Île-d’Orléans

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