Essaye donc d’apporter ta fourchette

Véronique Jampierre et

Marc Cochrane

Dès décembre 2023, la vente et la distribution, notamment, de pailles, bâtonnets à café, contenants et ustensiles en plastique à usage unique qui sont généralement utilisés pour la nourriture à emporter en restauration ou en épicerie, seront interdites à l’échelle du Canada.

Pour sensibiliser et préparer le grand public à la disparition de ces produits si pratiques et très présents au quotidien, plusieurs campagnes de communication ont été initiées au Québec. Parmi elles, depuis juin dernier, la campagne Essaye donc ! couvre la grande région de Québec et propose des solutions simples à adopter par les consommateurs pour faciliter cette transition écologique.

La solution la plus facile pour réduire la quantité croissante d’objets en plastique est de savoir s’en passer. Après tout, les pailles et les bâtonnets à café sont-ils si indispensables ?

La seconde solution est de réutiliser nos propres articles. Si la plupart des personnes ont pris l’habitude d’apporter leurs sacs d’épicerie réutilisables en magasin ou d’avoir leur propre tasse ou leur bouteille avec eux, il en sera bientôt de même avec une fourchette, une cuillère et pourquoi pas un contenant alimentaire « maison ». Les randonneurs et les voyageurs le savent, la fourchette est un ustensile facile à porter sur soi pour manger n’importe où.

Plastique et jetable ne font pas bon ménage

Pour réduire l’utilisation des plastiques à usage unique, la tasse, la fourchette ou autre article peuvent être en métal, en bambou ou en plastique, en autant qu’ils soient lavables et réutilisés plusieurs fois.

« Le fait d’associer une matière aussi résistante que le plastique à un produit utilisé une seule fois n’est ni logique, ni écologique. Les produits en plastique doivent être réutilisés autant de fois que possible, puis recyclés », selon Charles-Éric Bernier, directeur de l’Environnement à la Communauté métropolitaine de Québec.

Même si ces changements d’habitudes bousculent notre quotidien, ils se feront graduellement avec le temps. Alors, autant les adopter rapidement pour aider nos commerçants dans leur transition écologique.

Enjeu majeur

Pour certains commerces de restauration de l’île d’Orléans, la nouvelle réglementation fédérale représente un enjeu majeur.

« Pour nous, les ustensiles en plastique sont appréciés car ils sont plus solides. Par contre, les clients trouvent les ustensiles en carton ou en bois désagréables en bouche en plus d’être mous et de se briser facilement. On va se plier aux nouvelles normes, mais le consommateur va devoir y contribuer », a commenté la copropriétaire de Chez Mag la fine cantine, Marie-Claude Gagnon.

« Nous ne sommes pas fermés au changement en tant que commerçant, mais il faudra demander aux clients de s’adapter également. Nous pouvons demander à nos clients réguliers d’apporter leurs ustensiles », a-t-elle ajouté.

De son côté, la propriétaire de la Friterie de l’île, à l’entrée de l’île, Lilas Drapeau, comprend également la nécessité de limiter les plastiques.

« Ça crée une problématique, entre autres pour le coût des ustensiles. On achète de grandes quantités d’ustensiles qui sont jetés. J’étudie la possibilité de vendre une boîte souvenir avec des ustensiles en métal avec le logo de l’entreprise pour encourager les fidèles à revenir avec. On est rendu là. Tout le monde doit faire sa part », a avancé Mme Drapeau.

Dans le cas de ces deux casse-croûtes qui ont déjà réduit l’utilisation des pailles et remplacé les contenants en styromousse par de la bagasse, le remplacement des fourchettes en plastique reste un grand défi. Les propriétaires ont donc accepté de placer des affiches de la campagne « Essaye donc ! » près du lieu de commande afin de sensibiliser leur clientèle au virage vert auquel ils souhaitent participer.

En résumé, faire l’essai d’apporter sa propre fourchette et sa tasse dans un commerce de restauration rapide rend service à tous. Essayons donc !

Vignette : La copropriétaire de Chez Mag la fine cantine, Marie-Claude Gagnon. ©Marc Cochrane

Vignette : La propriétaire de la Friterie de l’île, Lilas Drapeau. ©Marc Cochrane

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