Enfin, se sont dit toutes les personnes qui ont à cœur la survie du Manoir Mauvide-Genest. Après près de 25 ans d’attente, ce symbole du régime seigneurial reconnu comme lieu historique national depuis 30 ans vient d’être désigné institution muséale.
Le ministère de la Culture et des Communications (MCC) a confirmé cette reconnaissance le 14 mars.
« Ce statut garantit au public la qualité du manoir et vise le respect des normes reconnues à l’échelle internationale en matière de pratiques muséologiques, de protection du patrimoine et de mise en valeur », a affirmé la directrice générale du Manoir Mauvide-Genest, Sarah Thibaudeau-Cormier.
Selon celle qui entame une deuxième année dans ses fonctions, cette désignation comporte plusieurs éléments positifs, dont l’admissibilité à certains services et programmes d’aide financière du gouvernement provincial et de ses partenaires.
« Cet immeuble patrimonial érigé en 1734 gagne ainsi en visibilité et en crédibilité auprès des partenaires privés, publics et municipaux. Cette reconnaissance permet aux citoyens de l’île d’Orléans, et surtout à ceux de Saint-Jean, de continuer d’être fiers de leur manoir », a ajouté Mme Thibaudeau-Cormier.
Travail de longue haleine
Depuis 2000, les administrateurs du Manoir Mauvide-Genest ont connu des embûches majeures qui les ont empêchés d’obtenir le statut d’institution muséale.
« Il y avait un moratoire, de 2003 à 2016, durant lequel le processus d’agrément a été suspendu pour toute la province. Le manoir a attendu en 2021 avant de faire sa première demande, qui a été refusée. Heureusement, la fusion entre l’ancienne Société de développement de la seigneurie Mauvide-Genest et la Fondation Minigo créant la Fondation du Manoir Mauvide-Genest ainsi que la présence d’une direction générale ont été bien accueillies par le MCC », a souligné Mme Thibaudeau-Cormier.
La directrice générale a eu une pensée pour le regretté abbé Raymond Létourneau qui a fortement contribué à la survie du manoir.
« Ce grand mécène, décédé le 5 février 2021 à l’âge de 85 ans, est né le 16 mars 1935. L’agrément du statut d’institution muséale a été confirmé le 14 mars. C’est comme s’il avait continué à travailler pour nous », a mentionné Sarah Thibaudeau-Cormier.
Il aura fallu l’implication de pas moins de 12 personnes à la rédaction de la demande d’agrément, soit le président du conseil d’administration, Jean-Pierre Garceau-Bussières, Chantal Javaux, Marilyse Lapierre, Isabelle Desbiens, Valérie Gagné, Annie Blouin, Diane Bélanger, Pierre Lahoud, Sylvain Gagné, Michel Boudreau, Lucie Palumbo et Sarah Thibaudeau-Cormier.
« Depuis 23 ans, les conseils d’administration qui se sont succédé ont vainement tenté d’obtenir cette reconnaissance pour le manoir. Maintenant qu’elle est obtenue, le prochain défi de la Fondation, outre de se conformer aux recommandations supplémentaires des conseillers du ministre, sera d’obtenir enfin l’aide financière au fonctionnement qui, malgré le dévouement de ses employés, de ses bénévoles et de la Fondation Minigo, a cruellement manqué au manoir, entravé son développement et limité son offre muséale à la population québécoise », a commenté M. Garceau-Bussières.
Il a aussi reconnu le travail de tous ceux et celles qui ont mis la main à la pâte. « Sincères remerciements aux administrateurs, aux employés, aux bénévoles et aux partenaires du manoir qui, depuis sa restauration en l’an 2000, ont collaboré à la sauvegarde de ce patrimoine unique. »
Le travail continue
Forte de cet agrément, la directrice générale va planifier une rencontre avec une représentante du MCC afin de déterminer les étapes à suivre, dont l’admissibilité aux programmes de financement du gouvernement.
Le fonctionnement du Manoir Mauvide-Genest commande un budget de plus de 100 000 $ annuellement. À l’été, il embauche de trois à quatre guides et peut compter sur quelques bénévoles pour assurer l’entretien de la bâtisse et du jardin.

