Le départ prochain de plusieurs députés, tels Sylvain Gaudreault et Véronique Hivon du Parti québécois, de David Birnbaum, député libéral de D’Arcy-McGee, de Catherine Dorion, de Québec solidaire, et de la caquiste Émilie Foster, de Charlevoix-Côte-de-Beaupré, m’a fait réfléchir sur le rôle majeur que les élus tiennent dans la société québécoise. Même si je ne suis pas toujours en accord avec les idées de leur parti, je suis reconnaissante de voir que des gens comme eux s’investissent pour les autres, pour le bien collectif.
L’implication de citoyens-nes en politique est à la base de la démocratie. Même avec toutes ses imperfections, celle-ci est nettement supérieure au totalitarisme à la russe et à la chinoise !
Quand on pense au contexte d’apathie de la population envers la politique en général, aux critiques trop souvent négatives sur les élu-e-s qui circulent un peu partout sur la place publique et à la faible reconnaissance de leur travail, je me dis qu’ils ont bien du mérite de s’être engagé-e-s, pour certain-e-s depuis très longtemps.
Au fait, est-ce que cette époque de militantisme soutenu est révolue ? J’étais portée à le croire voyant que d’autres activités citoyennes ponctuelles (manifestations, boycotts, pétitions, campagnes…) portant sur des causes qui interpellent individuellement les gens gagnent du terrain. Car, c’est aussi ça la démocratie ! Et c’est bien ainsi ! Ces formes éphémères d’engagement exercées par bon nombre de partisans sont nécessaires puisqu’elles font avancer des causes.
Mais qu’en est-il de l’engouement pour la politique à long terme, celle où on a le goût de s’investir et devenir un acteur de changement dans la société québécoise ? Celle où l’on veut passer de la parole à l’acte tout en étant tenace et persévérant ?
C’est en consultant des statistiques tirées du site Élections Québec que j’ai eu ma réponse. Là, j’ai vu des chiffres encourageants. On observe même un regain d’intérêt des gens à se lancer en politique. Par exemple, aux élections générales de 2018, 940 Québécoises et Québécois ont posé leur candidature dans 125 circonscriptions du Québec. En fait, la montée vers le haut s’observe surtout depuis 2014, avec 814 candidatures, et encore un peu plus en 2012, avec 892. En comparaison, en 1998 on comptait seulement 651 personnes qui avaient manifesté cet intérêt. C’est donc de bon augure pour la suite des choses.
Les motivations
Alors, qu’est-ce qui pousse quelqu’un à s’investir en politique ? En parcourant différents témoignages et articles parus dans les journaux et sur les médias sociaux, on constate que la plupart des personnes qui le font souhaitent, avant tout, changer le monde, apporter de nouvelles idées et contribuer à raffermir un lien plus étroit entre le politicien et le citoyen. Elles veulent aussi se sentir utiles et faire entendre la voix, les intérêts et les droits des autres, dont, d’abord, celle de leur communauté, développer des liens avec elle. Ces personnes souhaitent aussi relever de nouveaux défis pour faire bouger les choses pour le mieux-être de la collectivité québécoise. Sur un plan plus personnel, elles veulent aussi développer et accroître leurs habiletés, en communication notamment.
Bref, ce sont des gens passionnés et déterminés qui ont des convictions comme celle de mobiliser la population sur des enjeux communs et ce, même si les gratifications sont loin d’être au rendez-vous. Or, bien que la situation soit encourageante au point de vue de la relève en politique québécoise, la situation est bien différente, malheureusement, sur le plan municipal où le goût de s’engager s’étiole d’élection en élection, pour reprendre le titre de l’article de P. Saint-Arnaud dans Le Soleil du 18 octobre 2021.
Dire merci !
Bref, tout ça pour dire que je tiens à exprimer ma reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont le courage de s’investir en politique. Je tiens aussi à remercier tous les élus en poste et aussi ceux qui nous quitteront bientôt avec sérénité et avec la satisfaction du devoir accompli.
Place à la relève !

