Une certaine nostalgie me gagne lorsque je regarde sur Internet ou à la télé des images de fêtes, de sorties, de voyages, du travail en direct… Toutes les activités en fait que je prenais pour acquises il n’y a pas si longtemps. Mais, comme la vie n’est plus comme avant depuis la pandémie, je me suis posé la question : Qu’est-ce qui est essentiel à mes yeux maintenant ?
Antoine de Saint-Exupéry disait : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. » Ginette Reno chantait avec intensité : « L’essentiel, c’est d’être aimé. Ce n’est pas la fortune ou la célébrité qui ne sont que du vent et ne font que passer. »
Évidemment, côté pratique, avoir un toit sur la tête, de quoi à manger et être en bonne santé sont des valeurs essentielles. Mais pour s’épanouir, dans la vie, cela demande plus. À ce sujet, le philosophe Kierkegaard disait qu’il existe autant d’essentiels que d’existences. En fait, à chaque âge, à chaque tournant de notre vie, ce que nous jugeons essentiel diffère et évolue au gré de notre expérience et du contexte également.
« Il existe autant d’essentiels que d’existences. »
Pour certains, c’est l’amour qui est essentiel. Pour d’autres, des valeurs essentielles riment avec l’amitié, la liberté, la justice, la tolérance, la loyauté, la paix, la famille, l’environnement… Et c’est lorsqu’on en est dépourvu qu’on prend conscience de ce qui compte vraiment pour soi. Ainsi, les épreuves qui nous frappent de plein fouet, tant sur le plan personnel – un deuil, la maladie, une rupture, la perte d’un emploi – que social – une guerre ou la pandémie actuelle – nous permettent de prendre une pause, de faire le point, un retour sur soi et de réfléchir de ce qui est bon ou non pour soi. Qu’est-ce qui est important ? Qu’est-ce qui me rend réellement heureux ? Suis-je bien dans ma peau ? Qu’est-ce qui est indispensable pour moi ? Qu’est-ce qui me fait rêver et vibrer ?
S’interroger, c’est répondre à ce que l’on souhaite vraiment. Et si je décidais de conjuguer ma vie à mes valeurs de base plutôt que de me conformer à ce que l’on attend de moi ? Et si je décidais de faire mon ménage intérieur pour atteindre mon propre épanouissement personnel ? Jean-Paul Sartre répond en grande partie à cette quête existentielle : « L’essentiel n’est pas ce que l’on fait de l’homme, mais ce qu’il fait de lui-même à partir de ce qu’on lui a donné. » Et, en passant, le mot essentiel a pour étymologie le latin « esse », c’est-à-dire « être » pour… être soi-même !

