Madame la mairesse et membres du conseil,
Comme vous arrivez à la fin d’un mandat et que des élections auront lieu sous peu, il me semble important de remercier ceux et celles qui ont bien voulu accepter de gérer les destinées de la municipalité au cours des quatre dernières années. Il convient aussi de rappeler comment la gestion municipale, peu importe la taille de la municipalité concernée, est devenue complexe et exigeante. En effet, les enjeux auxquels les élus doivent faire face sont nombreux et de plus en plus complexes. Par ailleurs, le labyrinthe des exigences bureaucratiques du gouvernement provincial ne cesse de se complexifier.
Cela étant dit, il m’apparaît essentiel aussi de porter à l’attention des membres du prochain conseil la nécessité de consulter les citoyens sur les grands enjeux auxquels la municipalité est ou sera confrontée à court et à moyen terme.
Le présent conseil a sérieusement manqué à cette obligation qui permet une relation harmonieuse entre les citoyens et l’administration municipale. À cet égard, la grande majorité des personnes présentes lors de la rencontre de « consultation » du 13 septembre a été déçue et même choquée par le manque de respect affiché par le conseil lors de cet exercice.
D’une part, on prétendait consulter les citoyens pour connaître leurs préoccupations face à l’avenir ainsi que pour recueillir des propositions d’action alors que la décision d’aller de l’avant avec le document proposé (plan d’urbanisme) était déjà prise, même si le vote officiel n’avait pas encore eu lieu le soir même. D’autre part, il est apparu clairement au fil des commentaires et des questions des citoyens que le plan proposé ne tenait pas compte des grands enjeux auxquels est confrontée la municipalité, qu’il ne reflétait aucunement les préoccupations des citoyens ni même ceux des élus. De fait, madame la mairesse a poussé le ridicule jusqu’à dire : « ce plan est une vision, mais ce n’est pas ce que l’on va faire. » Nous cherchons encore à comprendre…
Nous avons tous été à même de constater que le plan proposé n’avait pas été fait de façon professionnelle et surtout qu’il n’avait fait l’objet d’aucune consultation valable des citoyens concernés.
Il est donc impératif que tous ceux qui se présentent à la mairie ou à un poste au conseil reconnaissent qu’il est impossible de commencer le prochain mandat sans refaire l’exercice de mise en place d’un plan d’urbanisme de façon professionnelle et, surtout, en faisant appel à une consultation véritable des citoyens de Saint-François.
Les étapes suivantes doivent être suivies pour que le plan constitue à la fois une vision partagée et comprenne les axes stratégiques qui guideront les actions du prochain conseil.
- Recruter une ressource externe spécialisée et compétente dans la réalisation d’un plan d’urbanisme pour des municipalités de petite taille.
- Aviser les citoyens du contenu d’un plan d’urbanisme et bien décrire son utilité dans la gestion des affaires de la municipalité.
- Consulter les citoyens sur l’ensemble du contenu éventuel du plan. (Les défis actuels et à venir, les valeurs et principes d’action souhaités par les citoyens, la vision souhaitée de la situation où devrait se retrouver la municipalité dans un horizon d’au moins 10 ans et les principales stratégies pour y arriver).
- Effectuer une version préliminaire du plan à partir des avis reçus et des contraintes administratives et financières auxquelles est soumise la municipalité.
- Consultation des citoyens sur le contenu de la version préliminaire.
- Présentation à nouveau d’une version finale du plan d’urbanisme.
- Adoption par le conseil.
Un document qui aura franchi ces étapes aura le mérite d’être une vision partagée par le plus grand nombre et comprendra les grandes orientations et actions que devra suivre le conseil. Nous aurons alors à Saint-François un outil d’harmonie et non de discorde.
Il est donc primordial que des engagements fermes soient pris à ce sujet lors de la campagne électorale qui s’amorce. Que le conseil n’ait pas réussi son plan d’urbanisme lors de sa première démarche n’est pas en soi catastrophique, mais que le prochain conseil ne corrige pas le tir serait inexcusable.
Enfin, merci encore à ceux et celles qui ont suffisamment de sens civique et de détermination pour accepter de nous représenter.
Ivan Ménard
Saint-François

