Chronique du mois : la politesse est-elle en voie de disparition ?

Marie Blouin

marieb0708@outlook.com

Hélas, écouter parler une autre personne, répondre ou retourner un message, tenir la porte à quelqu’un … autant d’exemples de bonnes manières ou de savoir-vivre qui semblent un peu perdus de nos jours. Pas pour tout le monde, heureusement !

Et ce n’est certainement pas une question de génération. Le manque de politesse n’a pas d’âge. C’est à se demander si cette qualité a encore sa place dans le monde actuel.      

Commençons par la définir. Selon le dictionnaire Le Robert, la politesse est « un ensemble de règles qui régissent le comportement, le langage à adopter dans une société ; le fait et la manière d’observer ces usages. »

Vue comme une valeur, la politesse a connu des hauts et des bas à travers les siècles, et ce, dès le Moyen Âge ou l’époque médiévale (de 476 à 1492). Selon l’historien Laurent Turcot qui a écrit un livre sur le sujet, autrefois réservée à la bourgeoisie, petit à petit, la politesse s’est démocratisée. C’est au XIXe siècle qu’elle a connu son âge d’or puisque le « savoir-vivre », les bons usages liés à la politesse n’étaient plus l’apanage de l’aristocratie. 

La politesse rapporte à la communauté

Certains diront qu’être poli est quelque chose de superficiel, que la politesse sonne parfois faux et qu’il est plus important de laisser place à l’improvisation face aux sentiments ressentis. Or, on peut être sincère tout en étant authentique et poli. Puisqu’on partage le même espace public, ne vaut-il pas la peine d’avoir une communication plus respectueuse et ainsi contribuer à éviter toute forme de dérapage qui conduit parfois au chaos ? Les codes et règles de vie servent à cela, notamment à rendre la vie plus pacifique et agréable dans la communauté. Ils préviennent aussi les mouvements brusques de violence et de haine. L’indifférence tue à petit feu alors que la politesse fait bien des heureux ! Tout le monde a besoin de se sentir unique, important, considéré, apprécié, même si ce n’est que l’espace d’un moment. 

Mais la politesse n’est pas une qualité innée. Comme l’a si bien dit Carole Simard, auteure de plusieurs livres sur la politesse, dans une entrevue accordée au journal La Presse en avril 2015 : « On ne naît pas poli, on le devient. C’est quelque chose qu’on apprend. » Alors, il n’est toujours pas trop tard pour bien faire ! 

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