La dernière édition d’Autour de l’île notait avec raison la richesse incommensurable de l’un des plus grands trésors de l’île d’Orléans, son art religieux, dont la « redécouverte », la conservation et la mise en valeur doivent faire l’objet de nos soins. Car c’est l’une de nos racines spirituelles (aux deux sens du mot) et une part fondamentale de notre patrimoine culturel.
Plus loin dans ma lecture, l’annonce d’un nouveau soutien financier aux initiatives culturelles de la MRC de L’Île-d’Orléans a de quoi réjouir. Voilà un apport gouvernemental bienvenu qui permettra, notamment, de procéder à un inventaire de nos œuvres d’art public. C’est là un magnifique complément au dossier du patrimoine religieux, car l’expression artistique ne se confine pas aux sacristies, églises et chapelles. L’art est universel, il touche à tout, il veut tous nous toucher. Et il a sa place dans l’espace public.
Mais alors là, un passage m’a littéralement sidéré : « Quant à l’inventaire des œuvres d’art publiques (sic), il sera utile pour savoir s’il y a lieu d’en ajouter et, si oui, quel type, a commenté Mme Cormier. » En somme, contrôler, quantifier et orienter : des propos étonnants et inquiétants de la part de la directrice générale de la MRC de L’Île-d’Orléans. Doit-on lui signaler qu’il ne s’agit pas ici d’économie, mais de culture ? Nous voilà aux antipodes de l’ouverture d’esprit et de la liberté créatrice.
L’art public, une bombonne d’oxygène
L’inventaire des œuvres d’art public doit plutôt conduire à leur implantation dans toutes nos municipalités, à leur mise en valeur et à leur fréquentation. La création, par exemple, d’un Circuit des Arts offrirait une activité culturelle originale, montrant du même coup qu’à l’île d’Orléans l’art n’est pas que religieux et ancien. Ce serait là aussi une magnifique occasion pour nos artistes de faire valoir leur talent par des œuvres témoignant de la richesse et de la diversité de l’inspiration créatrice.
Pour ma part, c’est grâce à l’ouverture et au soutien de ma municipalité que j’ai eu la chance et le privilège de créer un Concours d’art public, dans un double but : offrir aux artistes de l’île d’Orléans une occasion d’exploiter leur talent et, du même coup, rendre présente, dans la vie quotidienne de nos concitoyens et de nos visiteurs, une forme d’expression trop souvent mésestimée. Et qui pourtant élargit nos horizons au cœur d’un quotidien parfois banal et qui souvent nous dévore.
Robert Martel
Sainte-Pétronille

