Chronique du mois : Si la solitude devenait une amie

On n’a jamais autant parlé de solitude dans cette période trouble de pandémie. Qu’elle soit voulue ou non, un jour ou l’autre, on y est tous confronté que ce soit en raison de la crise sanitaire actuelle, la maladie, la vieillesse, un départ volontaire ailleurs dans une autre ville, un autre pays… C’est le côté sombre de la solitude. Alors que certains la voient comme une récompense, pour d’autres, la solitude est pénible.   

Or, bien des gens la choisissent comme mode de vie. L’introspection et la paix que la solitude procure sont alors perçues comme des cadeaux. Partout dans le monde, d’autres la recherchent comme les pratiquants de religions et de diverses formes de méditation. Ces adeptes éprouvent du bonheur à la vivre en raison du bien-être qu’elle leur apporte.

En revanche, d’autres la redoutent. Et cela ne date pas d’hier. Dans l’Antiquité, l’exil, qui confrontait l’individu à la solitude était la pire punition imposée par l’État à un condamné.

Plusieurs, aussi, se la sont imposée par la force des choses au cours des siècles. Prenons l’exemple de Montaigne, au XVIe siècle. Parce qu’il voyait des gens mourir partout autour de lui à cause de la peste qui sévissait à l’époque, il s’était volontairement confiné dans sa maison, à partir de l’âge de 40 ans. Or, cette longue période d’isolement lui a été bénéfique puisque c’est à ce moment que le philosophe a écrit son œuvre majeure, Les Essais.

De nos jours, l’impact de la solitude est étudié par des scientifiques pour comprendre comment l’humain réagit. Le spéléologue Michel Siffre pourrait en parler longtemps. Il a vécu des expériences extrêmes d’isolement durant de longs mois dans des grottes, que ce soit au Texas ou à Saint-Jean-de-Fos, pour le compte de la NASA, notamment. Le scientifique a dès lors compris les bons côtés comme les côtés plus sombres de la solitude prolongée, chez l’humain.

Bien sûr, on ne peut pas nier les effets néfastes de la solitude surtout quand elle n’est pas souhaitée ou de trop longue durée. Mauvaise pour le moral, elle peut causer de l’angoisse et des symptômes dépressifs, car les gens ont besoin du contact avec les autres. Malgré cela, il est tout de même possible d’en retirer des avantages, car le face-à-face avec soi-même peut être bénéfique et libérateur.

Du bonheur dans la solitude

Bref, pandémie ou pas, la solitude apporte aussi du bonheur. Les instants de silence et de calme qu’elle procure permettent de l’apprécier, de faire le point sur ce qu’on aime ou pas, d’être plus créatif et souvent d’explorer de nouveaux horizons. Et si la contemplation de la nature et du monde nous rend heureux et zen, pourquoi ne pas en profiter ? Alors, bienvenue, mon amie la solitude !

Lecture suggérée : L’éloge de la solitude, de Véronique Aïache, aux Éditions Flammarion.

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