Christophe Simard va se souvenir toute sa vie du 12 septembre 2020. C’est le jour où il a franchi la ligne d’arrivée après avoir parcouru 125 km dans le cadre du 10e Ultra-Trail Harricana du Canada.
Le sportif de 24 ans de Sainte-Pétronille avait pris le départ à 2 h, à la Zec des Martres, par une nuit frisquette, en compagnie de 147 concurrents, dont 18 femmes, pour terminer le difficile parcours 21 h 03 m 36 s plus tard au mont Grand-Fonds, dans Charlevoix. Seulement 83 coureurs ont réussi à se rendre jusqu’au bout, dont l’insulaire, au 32e rang.
« Je suis content du résultat, mais c’est dur pour le moral. Quand ça va mal à midi et que tu sais que tu vas encore courir à 22 h, ce n’est pas évident. Contrairement à une course sur route, il n’y a personne dans la forêt pour t’encourager. Une chance que j’ai eu l’appui de ma famille et de bénévoles. Mon père s’était installé à deux endroits, soit au 30e et au 62e km », a confié Christophe Simard.
Le bois ne constituait pas le seul obstacle de cette épreuve interminable. Les participants devaient se taper quatre ascensions de taille : le mont du Lac-à-l’Empêche, le mont des Morios qui donnait une vue imprenable sur la région, La Noyée, au profil de femme flottant sur l’eau, et la montagne Noire dans des sentiers uniques développés par l’équipe Harricana.
« En tout, les montées totalisaient 4 220 m de dénivellation. Ça équivaut à grimper le Mont-Sainte-Anne sept fois. En plus, au 100e km, on courait sur des roches glissantes. Ce n’est pas évident de rester agile et courir prudemment quand on est fatigué », a commenté Christophe Simard qui a vu son partenaire d’entraînement, Pier-Olivier Cliche, abandonner la course en raison de maux de cœur au 62e km.
Afin de s’assurer de finir une telle épreuve, Christophe Simard a pris quelques pauses de cinq minutes et une de 30 minutes, à mi-chemin, pour manger de la soupe et changer de vêtements. La gestion de la nourriture représentait aussi un défi de taille. Le parcours comptait neuf postes de ravitaillement. Les 20 derniers kilomètres lui ont semblé moins ardus puisqu’il a pu les franchir en compagnie d’un autre coureur.
Actifs à l’année, Christophe Simard et son pote Pierre-Oliver Cliche s’étaient entraînés intensivement durant six mois, entre autres par des tours de l’île à la course durant la nuit. Le journal leur avait d’ailleurs consacré un reportage en juillet.
Songe-t-il à répéter l’expérience l’an prochain ?
« J’y pense. Ça me tenterait aussi de relever un autre défi », a mentionné Christophe Simard.
En temps de COVID-19, tout comme les différents bénévoles, les athlètes devaient porter un masque lors des ravitaillements.

