Tout pour toits : Des bouts de bois devenus de petites œuvres qui parlent beaucoup

Tout pour toits est le titre de l’exposition de Josée Leblanc que j’ai découverte en déambulant dans le village de Saint-Laurent-de-l’Île-d’Orléans.

Josée expose et vend ses œuvres au centre du village, à l’une des deux chapelles de procession, celle « d’en bas », dédiée à la Vierge, bâtie en 1889, à l’est de l’église. Ce sont de coquettes maisons ludiques, aux couleurs vives, faites de bois recyclé.

Passionnée, inventive et créative.

Enfant, Josée fabriquait des maisonnettes en sable, utilisant épingles à linge, bouts de bois ou branches de bois. Bref, tout ce qu’elle pouvait trouver à portée de main. Lorsqu’on entre dans la chapelle, on aperçoit une série de petites maisons, comme un genre de village, et il devient essentiel de connaître sa démarche : « Ce ne sont pas juste des petits bouts de bois que je colle ensemble, ce sont mes tripes qui parlent, en fait. C’est comme un exutoire quand je fais ça, je ne pense à rien d’autre pis j’aime ça. Tout a commencé par de petits bouts de bois ramassés un peu partout et par quelqu’un qui était dans ma vie, très chère pour moi, qui est décédée. Une nuit avant son décès, je lui ai demandé : « Qu’est-ce que je vais faire sans toi ? » Cette personne a répondu : « Josée, tu feras des maisons. » Je ne comprenais pas exactement pourquoi qu’elle disait que je devrais faire des maisons. Un soir, en regardant le bois d’allumage, je me suis mise à faire des collages, des assemblages, des amalgames avec ces morceaux de bois. J’ai fait au-dessus de 200 maisons. Mon entourage m’a dit de continuer et d’exposer ces bouts de bois devenus de petites œuvres qui parlent beaucoup. C’est un symbole très fort pour moi. Mes morceaux de bois passent une nuit à la pleine lune avant d’être façonnés parce que je crois à l’énergie de la lune et ça m’inspire. »

Cette artiste utilise le bois tel quel, sans aucune modification donnant ainsi des maisons de différentes formes. La plupart de ces ravissantes mini-maisons reposent sur elles-mêmes, certaines sont construites sur pilotis et d’autres sont déposées sur des morceaux de bois. L’architecture de quelques-unes de ces « habitations » me rappelle le style moderne, simple et épuré du célèbre architecte français du XXe siècle, Le Corbusier.

Le principal matériau est le bois qu’elle récupère d’un menuisier, peu importe l’essence de bois. Josée ajoute parfois du bois de grève ou un morceau de bois trouvé au hasard qu’elle assemble avec d’autres éléments comme des clous, bouchons, boutons, billes de bois, carton, fil de fer, tissus, papier, toile, punaises, etc. C’est dans un contexte bien particulier qu’elle utilise du tissu : « Les tissus, ce sont des bouts de linge à vaisselle de ma mère, décédée l’an dernier. Elle aurait voulu voyager. Quand les personnes achètent une maison avec des bouts de tissus, c’est ma maman qui voyage. »

Afin d’embellir et de donner un sens à ses œuvres, le tout est peint à l’acrylique aux teintes gaies et enduit d’un vernis. En vous rendant sur son site, vous découvrirez des jeux de mots amusants ayant pour thème le toit ou le bois en voici quelques-uns : Accroche-toit, En mémoire de toit, Histoires à dormir de bois, ou encore P’tits bouts de toit.

Je vous invite à venir rencontrer Josée Leblanc à la chapelle « d’en bas» (à l’est de l’église), dans le village de Saint-Laurent-de-l’Île-d’Orléans. Vous serez émerveillés.

L’exposition se tient jusqu’au 15 octobre, du jeudi au dimanche inclusivement, de 11 h à 17 h.

Informations : www.josee-leblanc.ca

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