Manifester oui, mais surtout se changer soi-même

Marie Blouin

marieb0708@outlook.com

La mort brutale et déplorable de l’Afro-Américain George Floyd, en mai dernier, à Minneapolis, rappelle à quel point les choses n’évoluent pas beaucoup, surtout quand on pense au racisme, bien présent malheureusement un peu partout dans le monde. La planète entière est ébranlée actuellement ! On a vu partout des milliers de gens envahir les rues pour dénoncer le racisme et faire bouger les gouvernements. Mais manifester, est-ce LA solution ou celle qui fait le plus changer les perceptions ?

En fait, les manifestations sont des gestes démocratiques qu’on souhaite voir pacifiques, mais souvent, malgré la bonne volonté des manifestants, des débordements comme du pillage, des vagues d’incendies et de la violence s’observent pour obtenir gain de cause. Cela peut affecter l’opinion publique qui juge souvent en fonction des images véhiculées dans les différents médias traditionnels et sociaux. Et, dans le contexte où la pandémie de COVID-19 frappe durement les États-Unis − plus de 100 000 morts au moment où ces lignes sont écrites − le soulèvement et la proximité des manifestants, même s’ils semblent nombreux à porter le couvre-visage, forcent l’interrogation.  

Des rassemblements populaires à toutes les époques  

En fait, l’histoire démontre que les rassemblements populaires existent depuis longtemps, et ce, pour différentes causes. Parmi les grands événements, mentionnons le geste d’éclat du 16 décembre 1773 (le Boston Tea Party) où 60 colons anglais jettent symboliquement à l’eau 342 caisses de thé pour montrer leur mécontentement au Parlement britannique qui veut augmenter les taxes sur le thé. La Révolution française, au XV111e siècle, la Révolution russe de 1917, la marche pacifique du sel, de Gandhi, en 1930 et celle de Martin Luther King en 1963 pour défendre les droits civiques des Noirs, à Washington, en sont d’autres exemples. Plus près de nous, la grève étudiante québécoise de 2012 et la marche pacifique pour le climat avec Greta Thunberg, l’an dernier, sont aussi d’autres rassemblements qui ont marqué l’histoire.

Le changement vient de nous

Les conséquences qui résultent de ces manifestations monstres sont souvent positives, qu’elles appartiennent au passé ou au présent. Elles influencent les politiques des gouvernements et permettent d’aller de l’avant. Mais qu’en est-il de nous, individuellement ? Est-ce que nos perceptions des autres, notamment des Noirs, changent ? Est-ce qu’on remet en question nos façons de faire envers les gens qui n’ont pas la même couleur de peau ou sont simplement différents de nous ?  

Pour changer la face du monde, je crois au pouvoir du changement individuel et du partage de sa perception positive aux autres pour contribuer à faire avancer les mentalités. Le monde risque alors de changer. L’effet est contagieux, efficace et durable ! Ce n’est pas moi qui l’ai dit, c’est le Mahatma Gandhi : « Sois le changement que tu veux voir dans le monde ! »

Et on peut reprendre les sages paroles du frère de Georges Floyd quand il a lancé un appel au calme à la foule, en juin, invitant les manifestants à aller voter aux prochaines élections. Voter, c’est important pour choisir les personnes qui ont des idées que nous partageons. Ne pas aller voter, c’est faire un pied de nez à la démocratie !

Dans un monde idéal, n’est-il pas aussi fondamental d’éviter de juger les autres, peu importe qui ils sont, de les respecter pour ce qu’ils sont, d’inculquer à nos enfants des valeurs d’égalité entre les peuples, de prêcher par l’exemple en côtoyant des gens différents de nous, de cesser les blagues racistes, de réfléchir avant de parler et d’agir ? Après tout, où mène la confrontation ? Nulle part !

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