Marie Blouin
La pandémie COVID-19 qui perdure me porte à réfléchir ou plutôt me donne du temps pour réfléchir sur notre mode de fonctionnement individuel et collectif. Comment sera la vie, notre vie, après ce déconfinement ? Est-ce que nous pourrons aller au théâtre, au cinéma, voir des spectacles comme avant ? Faire du sport en groupe comme avant ? Qu’en sera-t-il de nos projets de voyage ? Les poignées de main, les accolades, les courses relaxes à l’épicerie, est-ce que ce sera possible prochainement ? Et quelle place occupera le télétravail ? Devant cette réalité, on a le choix : ou on se résigne ou on s’adapte à la nouvelle situation.
Charles Darwin disait : « Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements. » Cette célèbre citation prend tout son sens en temps de crise, dans notre capacité à être plus flexible dans la vie de tous les jours.
L’inconnu fait peur
L’inconnu fait peur, me fait peur… Le contexte actuel donne l’impression d’une perte de contrôle sur sa liberté. Dans notre société contemporaine, jamais nous n’aurions pensé être soumis à autant de règles. Avec raison, le gouvernement, appuyé par la santé publique, nous recommande, sans l’imposer, une nouvelle façon de faire, notamment par l’hygiène accrue, le couvre-visage et la distanciation physique. C’est comme si d’un seul coup, on perdait tous nos repères.
Même si j’aime le changement en raison des nouveaux défis qu’il suscite, je me sens impuissante actuellement et pas tout à fait prête à embarquer dans un nouveau mode de fonctionnement. Mais, ai-je le choix si je veux être heureuse et apprécier la vie ?
Aller de l’avant
Je ne tiens pas non plus à me résigner, car ce mot sonne pour moi comme une défaite, une façon de baisser les bras, de penser davantage à ce qu’on a perdu au lieu d’aller de l’avant. En fait, je préfère être plus positive et m’adapter au changement, car il n’y a pas que les pandémies qui secouent nos vies. La maladie, un accident, le deuil d’un proche, un divorce, un déménagement dans un autre pays, la perte d’un emploi ou, à l’opposé, une nouvelle opportunité de carrière, tout cela force à se redéfinir et à s’adapter. Généralement, les gens en sortent grandis. Leur vie change et leurs comportements aussi.
Même si la Covid-19 s’impose à nous et nous frappe de plein fouet, d’autres avant nous ont vécu le pire. Pensons aux guerres, aux catastrophes naturelles, aux famines, aux épidémies, aux migrations forcées par la violence. La plupart du temps, le monde finit par s’en sortir.
Cette crise me pousse alors à imaginer des scénarios heureux, d’abord par une prise de conscience réelle de la valeur de notre environnement, d’une consommation plus responsable, de l’achat local, de la valorisation des vieux, de la protection de nos enfants et du rapprochement des nôtres et des autres… à distance.
Cette pause involontaire constitue aussi un moment propice pour réfléchir à nos valeurs, donner un nouveau sens à notre vie, apprécier ce que l’on a et le temps dont on dispose de même que son rythme plus lent qu’à l’habitude. C’est aussi une période idéale pour créer, innover, se réinventer aux plans culturel, politique, social et économique. Je fais confiance à la vie.
Bref, comme l’a si bien dit l’auteure et blogueuse Jackie B. Hamilton : « La capacité de s’adapter est une qualité essentielle pour embarquer dans la vague du changement. » Cette crise planétaire nous donne une occasion unique de nous remettre en question, de nous améliorer et surtout de rebondir !

