65 ans et plus – Suis-je vraiment la seule à détester cette expression?

Je ne fais plus partie des 45-55 ans depuis longtemps; je viens tout juste de quitter les 55-64 ans, et je me perds désormais dans le lot des «65 ans et +».

Dans toutes les statistiques, les questionnaires et les abonnements que je remplis, je dois maintenant cocher: 65 ans et +. Pour eux, que j’aie 67 ans ou 100 ans, ma pensée ne fait plus de différence. Je suis vieillissante et retraitée, donc je coûte cher aux travailleurs puisque je suis pensionnée de l’État et que d’ici peu ils ne pourront plus assumer cette charge, vu le grand nombre de baby-boomers qui prennent leur retraite.

Il est vrai que ma génération est nombreuse, mais elle arrive à l’âge de la retraite en meilleure santé, plus active et plus scolarisée que la génération précédente. Elle possède un riche patrimoine qui, soit dit en passant, reviendra de droit à tous ses descendants et elle continue de participer activement à la vie de sa communauté.

Sincèrement, je pense vraiment que je suis un + pour la société, avec ou sans le 65. Je paie des impôts, des taxes municipales et scolaires. Je fais travailler de jeunes entrepreneurs pour réparer et entretenir ma maison. Je consomme, je voyage, je mange au restaurant, j’assiste à des événements culturels et sportifs et je visite régulièrement ma coiffeuse, mon esthéticienne, etc.

Je suis une bénévole active dans mon milieu culturel, ce qui permet à ma communauté de s’offrir des services qu’elle ne pourrait jamais se payer si je demandais un salaire. Le bénévolat sur l’île rend notre communauté vivante, qu’il s’agisse des équipements culturels (RÉCI), des bibliothèques, du journal Autour de l’île, de la Maison des jeunes, du Regroupement BLEU, de l’ABIO, des Aînées en action, des organismes sportifs et des pompiers volontaires, pour ne nommer que ceux-là. La liste est longue et je pourrais continuer sur plusieurs lignes. Dans chacun de ces organismes, les 65 ans et + donnent de leur temps et y mettent énergie et passion, sans jamais compter les heures. Il nous faut même un agenda pour organiser notre temps… libre.

Alors, s’il vous plaît, ne me dites plus: «À votre âge…». Je suis encore là vivante et active. Je ne suis pas un fardeau, je suis une femme dont l’expertise mérite encore d’être partagée.

Violette Goulet

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3 Comments

  • Chère Madame Violette,

    Vous l’avez bien dit. Pour emprunter une terme du secteur de l’ingénierie, vous n’êtes pas 65 ans et + , vous êtes plutôt 65 ans de plus- value!

  • Voilà un texte qui nous insuffle la vie. Merci Violette.

  • Merci Violette,
    Drôle de société où les personnes d’expérience ont acquis une sagesse qui vient souvent avec l’âge et le vécu et qui transmettent aux autres générations des richesses qui ne s’acquièrent pas avec l’argent, et des valeurs essentielles à la vie. Autrefois les « vieux » étaient des sages et le sont encore dans certaines parties du monde. Ici on les met au rebut car seuls la beauté, l’argent, etc. survivent dans ce monde effréné où les gens vivent à 100 kilomètres (on disait milles avant) à l’heure, avec leur cellulaire toujours en mouvement tellement que c’est difficile de se parler entre personnes. Une société de Je me moi (pas tout le monde, heureusement) qui va perdre justement ces bénévoles qui font heureusement partie de notre vie actuelle. Pour ma part, tout être humain mérite sa vie, peu importe ce qu’il fait, peu importe aussi ce qu’il reçoit ou donne aux autres, souvent même à son insu. Vive la vie!

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