Érosion des berges à l’île d’Orléans – Le bateau largue les amarres

Enrochements
© Jean-Louis Allie Comme on le voit sur la photo du haut, prise à l’Anse-Verte, les murets de protection érigés il y a plusieurs décennies ne tiennent plus le coup. Jusqu’ici, une des solutions privilégiées un peu partout le long du fleuve est l’enrochement (photo du bas) qui, en plus d’être très coûteux, a aussi le défaut de reporter plus loin les dommages aux berges par un effet de bout.

Affaissement murets

Au cours des dernières années, nombreux ont été les citoyens de l’île à être confrontés au phénomène de l’érosion des berges, problème amplifié dans plusieurs cas par la désuétude des ouvrages de protection tels les murs et enrochements. Jusqu’au début des années 70, la mise en place ou la réfection de ces ouvrages étaient sous la responsabilité du gouvernement fédéral. Aujourd’hui, c’est le gouvernement du Québec qui, en vertu de la Loi sur la sécurité civile, peut, à la discrétion du ministre de la Sécurité publique, fournir de l’aide financière aux municipalités en vue de l’analyse et du traitement des risques.

Depuis juin 2013, le Conseil exécutif a adopté un cadre devant permettre la prévention des sinistres pour les sept années suivantes où figurent, notamment, les risques d’érosion, de submersion côtière et d’inondation. Cinq ministères sont impliqués, dont, évidemment, ceux de la Sécurité publique, des Affaires municipales et de l’Environnement. Le cadre prévoit des investissements qui pourraient (!) atteindre près de 100 M$ pour cette période… mais c’est le Conseil du Trésor qui décidera ultimement de l’attribution ou non des crédits budgétaires. En juillet dernier, on annonçait que l’enveloppe budgétaire allouée à la sécurité civile était amputée de 27 %!

Quoi qu’il en soit, les citoyens qui vivent cette fâcheuse situation ne savent souvent pas à quelle porte frapper pour obtenir de l’information et, éventuellement, de l’aide.

Alertée par des résidents de l’Anse-Verte, la municipalité de Saint-François a pris les choses en mains et a mis sur pied un comité de travail auquel participent les municipalités de Saint-Laurent, de Saint-Jean, la ZIP-Québec, des représentants des ministères de la Sécurité civile et de l’Environnement et quelques citoyens. Réuni le 16 octobre dernier, le groupe a pu faire le point sur la situation à partir des présentations de M. Allie et de Mme Paré, de Saint-François. Il fut convenu de la nécessité de produire un guide à l’usage des citoyens concernés. Selon la mairesse de Saint-François, Mme Lina Labbé, le guide devrait pouvoir être disponible dans environ un an et renfermerait des informations sur l’aménagement des berges et l’accès aux programmes subventionnaires. Le comité ou ses représentants vont également entreprendre des démarches auprès de la députée de la circonscription, Mme Caroline Simard.

Un dossier à suivre.

Les causes de l’érosion des berges

L’érosion des berges est un processus naturel et généralement lent. Mais il peut arriver qu’une tempête particulièrement violente comme celle de décembre 2010 – ou une suite de tempêtes – entraîne un recul important de la ligne de côte ou provoque de sérieux dommages aux infrastructures et aux ouvrages de protection en place, surtout si les sols sont friables. Il arrive parfois également que la terrasse habitée soit inondée. De même, les murs, murets et quais de béton, de pierre ou de bois augmentent la réflexion des vagues, ce qui provoque avec le temps un rapetissement et un amincissement des plages qui constituent pourtant une protection naturelle.

Aux causes naturelles comme l’action des vagues, le mouvement des glaces, l’alternance des périodes de gel et de dégel et les tempêtes, s’ajoutent certaines interventions humaines comme la circulation maritime, la dénudation des surfaces côtières (enlèvement de la végétation) et l’implantation de structures qui perturbent la circulation naturelle de l’eau et des sédiments (enrochements). Cette situation est aujourd’hui aggravée par les nombreuses manifestations des changements climatiques: redoux d’hiver plus nombreux, fréquence et intensité plus importantes des tempêtes et des pluies, augmentation du niveau des eaux, diminution des glaces côtières et de mers qui constituent un rempart contre les vagues, etc.

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