Le 25 novembre dernier, je perdais, avec le décès de Denis Chatigny, un ami, un voisin, un presque parent, car ma vie d’adulte sur l’Île fut accompagnée par cette grande famille, dont la trace a disparu cette année de mon environnement, par la perte trop jeune des membres de sa génération.
Il ne faut pas se le cacher, Denis est connu comme plombier, il connaissait en détail la tuyauterie de presque toutes les maisons de Ste-Pétronille, s’il ne possédait pas la clé de chacune, il en connaissait la cachette. Oui, la confiance régnait entre lui et ses clients.
Sa famille et moi entretenions des liens étroits et pas seulement parce que nous buvions la même eau et que nos terrains se confondaient, des liens d’amitié se sont créés avec Louise la discrète et Denis l’exubérant, leurs deux 2 garçons sont devenus par le fait même, les miens de cœur. Malgré tout, nous étions d’allégeance politique différente et nos opinions sur la société divergeaient souvent. Lorsque Denis frappait à ma porte, je savais que ce n’était pas pour une discussion de 5 minutes. Nous nous emportions avec respect, mais chacun demeurait sur ses positions, souvent son humour et son gros bon sens allégeaient nos controverses.
Denis était un homme fier, juste et engagé il a siégé 17 ans comme conseiller municipal. Il y a défendu avec conviction et émotions ses idées et sa vision sur Ste-Pétronille. Je sais qu’au début il était dans ses petits souliers lorsqu’il a fait son saut en politique municipale. Qu’il n’a jamais vraiment été convaincu que je votais pour lui. Je sais aussi que Louise l’a soutenu et que très souvent les oreilles lui en bourdonnaient par tant de passion.
L’assurance gagnée par cet engagement lui a permis de laisser sa marque.
Vous souvenez-vous de ses bottes de travailleurs transformées en jardinière déposées sur le bout de son terrain (il les nommait les bottes à Félix). Il y a quelques années, ces dites bottes ont fait la une du dépliant de la promenade pédestre de Ste-Pétronille. Ces bottes concrétisaient pour moi son sens de l’humour, sa créativité. Aujourd’hui, comme Félix il pourrait chanter : Moi, mes souliers…
Violette Goulet



5 Comments
Bel hommage. Étant le cousin de Louise, je l’ai rencontré à quelques trop rares reprises et je ne me suis jamais ennuyé quand il était là…
Pierre Côté
Baie-Comeau, QC
C’est un très bel hommage !
Comme Pierre, je suis une cousine de Louise.
J’ai connu Denis assez tardivement et j’ai moi aussi pu constater son enthousiasme. C’était un bon vivant.
La maladie l’a emporté trop prématurément.
Martine Côté
Saint-Augustin
Un hommage vraiment touchant… Je n’ai pas beaucoup connu Denis puisque je ne l’ai rencontré qu’une seul fois lors de la Fête des Côté à Ste-Luce en 2001. Mais à lire cet hommage, je regrette sincèrement de ne pas l’avoir connu davantage. Son humour et l’exhubérance qu’on lui prête, m’aurait certainement rapproché de lui. Je ne le savais pas non plus impliqué dans la communauté de l’Île, ce qui à mes yeux est une bien grande qualité, notamment à cause de cette Île que nous chérissons tant dans nos coeurs et dans nos mémoires.
Je joins ma voix à celle de Martine, pour exprimer à Louise toute notre sympathie!
Pierre Lavallée
St-Augustin-de-Desmaures
Merci Violette pour ce témoignage très touchant. Comme mon père, il restera gravé à jamais dans mon coeur.
Éric
Ste-Agathe-des-Monts
Hommage touchant,
J’aimerais ajouter que son départ de la maison familiale en 2010 ne l’a pas déraciné de son village. On a pu sortir Denis de Sainte-Pétronille mais on n’a jamais réussi à sortir Sainte-Pétronille de Denis.
On se rappellera de son authenticité et de son sourire.
Harold Noël