
On savait déjà que le charbon, à l’origine de 40% de la production mondiale d’électricité, posait un sérieux problème relativement à l’émission de gaz à effet de serre et on n’hésitait pas à le qualifier d’énergie sale, à l’instar de celle produite par le pétrole des sables bitumineux. Et ce, au grand bonheur des producteurs gaziers qui prétendaient que l’avenir était dans l’exploitation du gaz en raison d’une production moindre de gaz carbonique lors de sa combustion dans les centrales électriques.
Or un récent rapport, dirigé par Gabrielle Pétron1 de l’Université de Boulder au Colorado et publié dans le Journal of Geophysical Research du 21 février 2012, vient mettre un sérieux bémol à ces affirmations. En effet, selon l’équipe de chercheurs de Mme Pétron, les études sur lesquelles s’appuyaient les gazières oubliaient (?) de tenir compte du méthane rejeté dans l’atmosphère lors de l’exploitation des gisements de gaz de schiste. Ce méthane, faut-il le mentionner, possède un «pouvoir réchauffant» de beaucoup supérieur à celui du gaz carbonique. Il proviendrait des fuites associées au creusement des puits et aux techniques utilisées : fracturation du sol par injection sous haute pression d’eau, de sable et de divers produits chimiques, mais aussi, semble-t-il, et c’est là la nouveauté, des émissions continues durant l’exploitation normale du puits.
Ainsi donc, selon cette étude réalisée près de Denver au Colorado, les puits étudiés émettraient dans l’atmosphère environ 4% du gaz extrait, ce qui rendrait le bilan climatique du gaz aussi mauvais que celui du charbon.
1 Gabrielle Pétron et coll., Hydrocarbon emissions characterization in the Colorado Front Range: A pilot study, Journal of Geophysical Research, vol 117, 2012. Un commentaire sur ce rapport a été publié dans la revue Nature (9 février 2012, vol 482).


One Comment
… et pendant ce temps,notre bon gouvernement fort de ses multiples études et tergiversations,dort au gaz !