Le remplacement du pont de l’île d’Orléans discuté à l’Assemblée nationale

M. Pierre Moreau, ministre des Transports du Québec

Lors de la période de questions à l’Assemblée nationale, le 9 décembre dernier, le pont de l’île d’Orléans a fait l’objet d’un échange entre le ministre des transports, M. Pierre Moreau, et le député de Chutes-de-la Chaudière, M. Marc Picard (verbatim).

Le député indépendant Marc Picard, a posé la question suivante :

M. Picard, député de Chutes-de-la-Chaudière: M. le Président, comme les usagers le savent et s’en inquiètent chaque jour, le pont de l’île d’Orléans ne répond plus aux normes de sécurité actuelles et il en coûterait trop cher pour le rénover. Un nouveau pont est donc nécessaire. Dans ce contexte, est-ce que le ministre des Transports compte profiter de la construction d’un nouveau pont pour répondre du même du coup aux attentes des acteurs économiques et des usagers de la rive sud dans leurs besoins de déplacement vers la rive nord ? Entend-il prolonger le pont de l’île (d’Orléans) vers la rive sud par le biais d’une jetée ou d’un moyen… d’un tunnel ? Ces options sont-elles à l’étude ?

Réponse de M. Pierre Moreau, ministre des Transports

M. le Président, mon prédécesseur a eu l’occasion de le dire, nous avons lancé des études, au ministère des Transports du Québec, d’abord parce que le pont de l’île d’Orléans, comme l’ensemble des infrastructures du réseau supérieur au Québec, font l’objet d’un programme de surveillance pour nous assurer qu’ils répondent adéquatement et que les usagers puissent l’utiliser en toute sécurité.

Par ailleurs, pour la question du pont de l’île d’Orléans, les inspections ont indiqué que c’est une structure qui est vieillissante, effectivement. Il y a des études qui sont en cours présentement à savoir de quelle façon cette structure-là pourrait éventuellement être remplacée. Ces études-là ne nous sont pas encore parvenues. Lorsqu’elles nous seront parvenues, M. le Président, comme c’est l’habitude au ministère des Transports, dans la plus grande transparence, nous en ferons part au public.

Question complémentaire de M. Marc Picard

M. le Président, j’aimerais que le ministre me précise si, dans les études, il y a des scénarios envisagés pour faire un lien, un lien avec les gens de la rive sud, les gens de Bellechasse, les gens de Montmagny, les gens d’affaires qui doivent se rendre à tous les jours à Québec, tout simplement. Donc, est-ce que, dans les scénarios qui sont sur la table actuellement, il y a des études qui sont faites pour en connaître la rentabilité… ou la faisabilité, plutôt?

Réponse de M. Pierre Moreau

M. le Président, je remercie le député de poser sa question, mais je dois lui dire que le député de Montmorency (Raymond Bernier) me parle de l’île d’Orléans régulièrement, du pont de l’île d’Orléans, des études, de la nécessité de desservir sa population. À ma connaissance, les études qui sont en cours à l’heure actuelle ne prévoient pas l’installation d’un lien vers la rive sud, étant donné que tout le monde sait qu’entre la rive sud et l’île d’Orléans, c’est la voie maritime du Saint-Laurent. On imagine quels seraient les coûts liés à une construction semblable.

Alors, à l’heure actuelle, les études visent à voir quels seraient les scénarios les plus plausibles pour le remplacement de la structure actuelle. Ces études-là ne sont pas encore parvenues au ministère des Transports, et j’aurai le plaisir d’en informer le député lorsqu’elles nous seront parvenues… et de travailler en collaboration avec mon collègue le député de Montmorency à ce sujet-là.

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5 Comments

  • Faire de l’ile d’Orléans un pont, une autoroute entre rive Nord et Sud ?
    Est-ce vraiment ce que l’on veut ?
     » Faire ça à elle
    L’Ile d’Orléans
    Notre fleur de lys  »
    Félix Leclerc

  • Monsieur Brochu,

    Je reconnais bien là ce qui est reconnu chez bien des Québécois et plus particulièrement chez les résidents de l’île d’Orléans: le phénomène des «nimby’s»! «Nimby» signifie «not in my backyard» ou «pas dans ma cour». On l’a connu avec bien des projets dont le fameux port méthanier, projet qui a tellement tardé à se réaliser qu’il est maintenant disparu dans la brume.

    Il est évident qu’un nouveau lien est requis entre la rive-nord et l’île et qu’un autre lien est requis entre la rive-nord et la rive-sud. Peu importe où ce lien sera créé, il fera des mécontents. Que devons-nous choisir? Le bien commun ou le bien individuel?

    Pensons-y : d’ici quelques années, avec le développement régional, l’étalement urbain, l’augmentation du parc automobile, la transition du transport ferroviaire vers le transport par camion et l’augmentation du coût des carburants fossiles, il faut prévoir qu’il deviendra utile pour les utilisateurs du réseau routier d’éviter de devoir traverser la ville de Québec pour passer de la rive-sud à la Côte-de-Beaupré, à Charlevoix et à la Côte-Nord. Il n’existe aucun pont entre la rive-nord et la rive-sud à l’est du pont de Québec.

    Bien que je ne sois pas entièrement convaincu qu’un pont entre l’île d’Orléans et la rive-sud soit la seule et unique solution possible, je pense qu’il y aurait moyen d’harmoniser la traversée de l’île sans briser le cachet rural et champêtre. D’un autre côté, la construction d’un pont reliant l’île à la rive-sud permettrait de conserver un lien entre la terre ferme et l’île pendant la démolition et la construction d’un nouveau lien avec la rive-nord.

    Voici donc ma suggestion : plutôt que de tenter de bloquer un projet, pourquoi ne pas travailler à l’implantation dudit projet de manière à avoir un certain contrôle sur sa mise en place? Si on me dit que je dois me faire couper un doigt, si l’amputation est inévitable, mais que le choix du doigt n’est pas encore définitive, pourquoi est-ce que je ne tenterais pas d’influencer le choix pour qu’il soit tourné vers l’auriculaire gauche?

    Je pense que le mouvement des «nimby» devrait être remplacé par le mouvement des «si ça doit être dans ma cour pour le bien commun, tentons de minimiser les impacts».

    C’est mon opinion et vous en faites ce que vous voulez, mais il n’en demeure pas moins que la société évolue et ses infrastructures ne peuvent faire autrement que de suivre à un moment ou un autre. Votre rôle est donc d’influencer comment cette évolution se fera et non pas d’essayer d’arrêter le progrès.

    «Est-ce vraiment ce que l’on veut?» Qui est «on»?

    • Bonjour,

      Je suis tout a fait d’accord avec vous.
      Ma réponse ne faisait que poser la question.
      J’ai une autre vision du développement économique et routier pour notre futur. Je crois davantage dans la régionalisation de nos échanges, la diminution du transport, etc. mais je ne suis pas seul et il ne s’agit pas pour moi d’imposer cette vision. Il s’agit de faire de nous des citoyens participatifs. Capables de construire la vision de notre milieu de vie et de la mettre en oeuvre. Arrêter de laisser la responsabilite de cette vision aux acteurs économiques ou gouvernementaux, et de se plaindre ensuite qu’elle ne nous convient pas.
      Connaissez-vous les initiatives de transition ?
      Si vous êtes de l’île d’Orléans, jevous invite à vous rendre ici http://transition.aliledorleans.org et à contacter ce groupe.
      Il vous permettra de mettre en oeuvre ce que vous avez décrit. 🙂
      Merci encore pour votre réponse constructive.

      Sb

      • Je dois dire que malgré le fait que j’aime beaucoup ce secteur, je ne suis pas de l’île d’Orléans. Il n’est cependant pas dit que je n’irai jamais y vivre. Je trouve que l’île offre un style de vie particulier à ses résidents tout en étant à proximité d’une région urbaine d’importance.

        En ce qui a trait au lien que vous avez publié, je le consulterai fréquemment de manière à prendre le pouls de l’île et de la vision de ses résidents. J’aimerais d’ailleurs vous remercier d’avoir partagé cette information. En tant que personne impliquée dans son milieu, je crois qu’il est important de demeurer informé et aux faits de l’opinion publique, des projets à venir et des impacts de nos décisions.

        Le principe d’inertie veut qu’il soit généralement plus facile de faire dévier un objet de sa course que de l’arrêter. Si le projet ne va pas dans la direction qu’on vise, il ne faut pas l’arrêter, mais le faire dévier vers notre objectif. Lorsqu’on se dirige tout droit vers le mur parce qu’on ne vise pas l’utilisation des bonnes ressources ou qu’on utilise mal les bonnes ressources, il faut regarder notre trace pour savoir dans quelle direction nous nous dirigeons. C’est de cette manière qu’on peut anticiper la catastrophe et réagir à temps.

        Et tant qu’à prendre parole, voici un message à ceux qui diront que ceux qui voient vert sont des «granos» qui pelletent des nuages et qui ne font que mentir sur une base erronée: ce n’est pas parce qu’on veut revoir l’utilisation des ressources qu’on fume de l’herbe et qu’on vit sur un nuage. Oui, il est possible de penser vert tout en pensant à comment en tirer profit. Oui, il est possible d’être terre-à-terre. Il suffit de briser les paradigmes. Par exemple, pourquoi immédiatement exploiter un gisement dès qu’on le découvre? Pourquoi ne pas envisager de conserver cette ressource «en banque»?

        Il faut cesser d’être pressé d’exploiter la totalité de nos ressources dans la seconde. Si l’exploitation du gaz de schiste est une si bonne chose – et je ne dirai pas le contraire – de manière à éviter des impacts dramatiques, il suffirait simplement de développer des méthodes d’extraction qui ont une trace moins importante sur l’environnement. Nous ne possédons pas la technologie nécessaire? Conservons donc cette ressource là où elle se trouve depuis des millénaires et faisons des recherches pour arriver à développer des moyens plus acceptables.

        Il faut que, en tant que peuple, nous soyons en mesure de cesser de tout voir en noir et blanc et commencer à voir quelques dégradés, ajouter des teintes et de la couleur. C’est en étant imaginatif que des étudiants en génie on ajouté une troisième voie au pont de Québec, c’est en étant imaginatif que les frères Wright sont passé de la fabrication de vélos à celle d’avions et c’est en étant imaginatifs que, non seulement nous trouverons des solutions durables aux problèmes de congestion, de trafic, de pollution, de déplacement, mais que nous pourrons briser les idées préconçues, les paradigmes…

        Il n’est jamais trop tôt pour tenter d’anticiper des problèmes futurs. Le processus de réflexion devrait être continu et toutes les éventualités devraient être envisagées. C’est en procédant de la sorte qu’on arrive à réaliser de petits miracles.

        Pour en revenir au remplacement du pont, a-t-on vraiment envisagé toutes les possibilités? Des traversiers? Un ou des tunnels? Des ponts-tunnels? Pourquoi ne pas installer un tremplin, une catapulte ou un trébuchet sur chaque rive et lancer les véhicules dans un filet installé de chaque côté de l’étendue d’eau? La téléportation a-t-elle été envisagée? Bien que ces dernières idées puissent sembler farfelues, il faut se rappeler qu’il était autrefois considéré déraisonnable de voler ou de faire le tour du monde. Soyons donc un peu imaginatifs et trouvons LA solution qui aura un maximum d’impact positif pour un minimum d’impact négatif.

        • Felix aurait aussi écrit « l ‘indépendance, c’est comme un pont : avant, personne n’en veut, après, tout le monde le prend. »
          Et vous avez raison : L’indépendance c’est d’abord l’autonomie des citoyens dans leurs visions et leurs projets.

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